samedi 31 décembre 2011

Volet I : Deuxième été


Comme convenu, nous profitons de notre deuxième été…
Après quatre mois à couper le souffle nous avons décidé de partir avec nos deux hermanitas de Huyacan Marilia et Mathilde dans le nord du Pérou c’est-à-dire l’équivalent du Sud de la France pour vous puisque nous nous rapprocherons de l’Equateur et de son brûlant soleil…
Même si nous sommes bien fatigués et très heureux à l’idée de découvrir le Pérou, le fait de prendre des vacances dans son pays de mission nous paraît un peu étrange, et propice à la schizophrénie. Durant quelques jours nous allons devenir les « clients » d’un pays que nous sommes venus servir… Par ailleurs, nous serons loin de notre quotidien, loin de Manchay, loin de nos missions et même si c’est le but recherché, cela nous fait  un peu bizarre…

mercredi 28 décembre 2011

Lima

Sur la généreuse proposition de Marie, nous avons profité de l’appartement des Chacon à San Miguel et pris deux jours pour faire un peu de tourisme dans Lima, cette ville si grande, si grande, si difficile à connaître et à définir tant les quartiers sont différents les uns des autres, les univers disparates, parfois même opposés…
Arrivés vers 19h à Lima, nous avons vite déposé nos affaires à San Miguel (Camino del Inca, cela ne s’invente pas), nous avons chaussé nos jeans, enfilé nos baskets pour aller manger en famille au… aller on ose le dire… au Mac Do, véritable restau de luxe au Pérou, tant au niveau des prix que de la propreté, des jeux pour enfants… et allez on ose le dire… c’était trop bon !!! Rapidement englouti (comme il se doit), nous avons filé au parque de las aguas de nuit vers 21h. Il s’agit d’un immense parc débordant de fontaines plus extraordinaires les unes que les autres. Jeux d’eaux, de couleurs sur des fonds musicaux très rythmés… nous sommes émerveillés… et trempés !! En effet les visiteurs peuvent jouer avec certaines fontaines qui s’animent sur des rythmes aléatoires et si l’on n’est pas assez ou trop rapide… on est mouillé… Heureusement ce petit soir d’été n’est pas trop frisquet et c’est allègrement que les enfants jouent à ne pas éviter les jets multicolores…
Le lendemain, un autre parc nous attendait tout aussi magnifique et surprenant, el parque de las leyendas. Il s’agit d’un parc animalier original puisque d’une part il est construit autour d’anciens huacas (temples) pré-incas (c’est comme chez Mickey mais en vrai…) et d’autre part, il reproduit les trois univers géographiques du Pérou : la selva, la sierra, la costa d’une manière plus que réaliste (les deux hommes en barque semblent tout droit sortis d’un bras de l’Amazone… non ?). Les enfants sont enchantés par tous ces trésors de la nature, amusés par les singes, impressionnés par les fauves… ils déambulent joyeusement pendant cinq heures sans faiblir jusqu’à ce que l’on doive prendre le chemin du retour… Julien s’endort sur les épaules de Maman, Louis scande chaque mètre d’un « on arrive quand », nous sommes éreintés mais ravis par notre périple liménien !

mardi 27 décembre 2011

Shopping


 

Avec Mathilde, nous avions fait notre premier coup d’essai sur Manchay, histoire de voir si on n’était pas trop rouillée question shopping. Si nous y arrivions à Manchay, nous pouvions aller dans la grande ville : Lima. Nous avons réussi à faire de magnifiques affaires à Manchay dont cette superbe pioche qui faisait tant rêver Mathilde…




Les vacances de fin d’année ont donc été l’occasion de nous faire une petite journée entre filles (Marie, Mathilde, Marillia et Claire) à Lima avec pour objectif principal l’achat de tissu. Nous nous sommes donc retrouvées à Gamarra (le marché Saint-Pierre en dix fois plus grand) où nous avons trouvé tout un tas de trésor. Pour clore cette journée compulsive, nous avons fait un petit saut dans le mercado Indio de la Marina. L’artisanat péruvien est réellement magnifique et très diversifié (vannerie, sculpture, peinture, tricot, tissage…), mais attention, plaisir des yeux uniquement (ou presque...) !!
                                              Je vous rassure seule Marie est passée à l'achat...

dimanche 25 décembre 2011

Nacimientos del Mundo

Nous sommes loin de nos familles, loin les uns des autres mais les liens demeurent ! Merci aux volontaires qui se sont prêtés au jeu du tour du monde des crèches de Noël. Comme vous le savez les volontaires ont des moyens « modestes mais justes » ce qui les rend inventifs et ingénieux lorsqu’il s’agit des préparatifs de Noël !! Pour la plupart, nous avons dû nous séparer de nos beaux santons provençaux, de nos jolies guirlandes et devons ici faire avec les « moyens du bord ». C’est avec une grande joie que les volontaires Fidesco vous présentent leurs crèches du bout du monde, et vous souhaitent à tous un très joyeux Noël
 



vendredi 23 décembre 2011

Chocolatadas y promociones


Noël coïncide  également avec la fin de l’année scolaire. Au Pérou, tandis que l’on range les crayons, déchire ses cahiers (pour le recyclage !), on fait chauffer les marmites pour la CHOCOLATADA et l’on se pomponne pour les promociones!!!
A l’heure où nous vous parlons, nous en sommes à notre cinquième chocolatada… En quoi consiste la chocolatada - on vous sent impatients - : en un chocolat chaud bien sûr, agrémenté de cannelle et accompagné d’un copieux morceau de panetón, cette grosse brioche italienne farcie de fruits confits, que rico… La chocolatada serait bien triste sans les chants et les danses qui viennent animer ces fêtes. Dans les écoles, chaque classe tient sa propre chocolatada avec sa propre organisation (trois voire quatre réunions de parents sont nécessaires pour se mettre bien bien d’accord). La chocolatada de Louis s’est révélée exceptionnelle ! A dix-huit heures, nous arrivons dans une classe joyeusement décorée, le son de la musique est à fond et maîtresses (parfois déguisées) et enfants se trémoussent avec une énergie inouïe pendant trois heures en mangeant des bonbons et en buvant du sprite [espraït] (carburant indispensable au trémoussage susnommé). La séance est très, très animée (croyez-nous) surtout au moment de la hora loca (véritable institution, nous avons pu depuis nous en rendre compte) où trois hurluberlus (dont la prof de computación) déguisés en arlequins à paillettes, débarquent en dansant avec sifflets, ballons, cotillons …  La fiesta se termine, vers 21 heures, par la distribution des cadeaux (deux réunions pour le choix et le montant des cadeaux). Les filles ont des genres de « Barbie » et les garçons des genres de « Ken » qui fait la guerre avec des variantes plus pacifiques de « Ken » qui fait du patin à roulettes ou du surf… Louis et Julien étaient vraiment ravis et cela faisait grand plaisir de les voir si contents.
Les grands de sexto grado (équivalent pour l’âge de la sixième française) n’ont plus de chocolatada, ils ont leur promoción ! Le passage du primaire au secondaire est très marqué au Pérou. La promoción est une chose sérieuse avec laquelle on ne mégote pas… les demoiselles sont coiffées, maquillées, parées de leurs plus beaux atours (souvent loués pour l’occasion), les jeunes gens sont parfumés, gominés, en costume-cravate. C’est à la fois amusant et très touchant de voir tout ce beau monde arriver en mototaxi dans leur école transformée en salle de bal à l’américaine pour l’occasion. Serge a eu l’honneur de participer à la promoción de son école et d’y savourer son premier pisco sour
Entrée solennelle de chaque élève au bras d’un cavalier ou d’une cavalière, sur fond d’un portrait de chacun lu par la maîtresse de cérémonie, hymne national, prière, discours du directeur, des parrains de promotion, de deux élèves de la classe (une fille et un garçon), remise d’une médaille et d’un diplôme, toast au pisco sour, photos de groupe, dîner général, valse pour ouvrir le bal, et même hora loca, tout cela dans le décor de gala d’une éphémère salle de bal en tissus installée dans la cour d’école : rien ne manque pour faire de cette soirée un évènement mémorable, à la fois solennel et déjanté.

                                                                                    On pourrait bien sûr, avec notre regard de 
petits Français, se demander si tant de foin - et tant de sacrifices pour des familles pour la plupart pauvres - sont bien justifiés pour un passage au secondaire. Et pourtant, il y a dans cette soirée de promoción un vrai rite de passage, dont on sent qu’il fait partie de la construction de l’identité collective des jeunes péruviens,  qu’il vise à récompenser, encourager et stimuler les efforts de chacun pour une meilleur éducation de tous (les meilleurs de la classe ne sont du reste pas distingués lors de cette promoción, mais quelques jours après lors de la clausura, dernier jour de l’année au cours duquel sont remis les bulletins). C’est aussi clairement l’occasion de cultiver, pour les parents comme pour les enfants, l’estime de soi, notion qui semble l’objet d’efforts soutenus dans les activités socio-éducatives organisées à Manchay notamment par la Paroisse, l’occasion aussi de cultiver la fraternité dans un pays qui il n’y a pas si longtemps était déchiré par des violences dont il reste partout à Manchay des traces, discrètes mais vivaces.

Devant tous ces préparatifs, ces enchaînements de fêtes, nous sommes admiratifs, une fois encore, de cette joie de vivre et de toute cette énergie qu’ont les Manchaynos, nous qui sommes en cette fin d’année sur les rodillas, et tellement heureux à l’approche des vacances…

mardi 20 décembre 2011

Adviento




 Au Pérou, on ne plaisante pas avec les préparatifs de Noël…
Même si ici nous sommes en été, il n’est pas question de se passer d’un arbre de Noël, de la couronne de l’Avent et bien sûr de la crèche…
Tous les grands magasins se parent de leurs plus beaux atours et c’est un festival de couleurs fort appétissant !  Attention pourtant, perdre un enfant au rayon « guirlandes musicales » peut s’avérer être la source d’un dommage psychologique irréparable !
Dans les écoles, c’est l’occasion vous l’aurez deviné d’un … concours ! Durant deux semaines, on évalue les décorations des classes, les crèches, les chants de Noël. Enfants et maîtresses fournissent une fois de plus un gros travail et s’ingénient à créer les arbres les plus divers, les crèches les plus majestueuses, les décorations les plus originales avec un enthousiasme toujours plus tenace ! Le concours est d’un bon niveau et il n’est pas facile de départager les concurrents (vous l’aurez compris, Claire est membre du jury du concours de chants de Noël) !



A la maison on suit le mouvement et nous décorons notre maison d’une crèche, d’un sapin, d’une couronne de l’Avent et même du calendrier qui va avec (chose qui n’existe pas au Pérou)!!!

Concept et conception...

Un peu d’Arman, de Calder, un cheveu d’Andy (pas plus), un soupçon de Kawamata, un rien de Ganivet…
Pour tes parents grands amateurs de tas, piles, amoncellements et autres concepts étranges et pour toi, qui n’en est plus un, petit bonhomme, depuis le 19 décembre ! 
Bienvenido Colin


lundi 19 décembre 2011

Ça mérite…


Oui, effectivement, le premier pisco sour devant le coucher de soleil sur la plage de Barranco à parler des prochaines vacances avec Mathilde, ça mérite un petit post… Deux heures durant lesquelles nous avons oublié Manchay, la mission, nous étions des touristes d’une ignorance bienheureuse… Que c'est bon parfois...



samedi 17 décembre 2011

Tienes tareas?

 Voilà qui nous a semblé bien surprenant (voire un peu inquiétant), au Pérou les enfants ont beaucoup de devoirs…

Arrivant en fin d’année Louis rattrape comme il peut six mois d’écriture et de mathématiques. Ainsi les soirées sont bien chargées de lignes à recopier, de syllabes à répéter, de dictées à réviser… Heureusement le prof d’anglais s’avère assez compréhensif et n’alourdit pas trop la masse des devoirs… gentil Papa… Louis apprend également à lire en français avec Maman et ce petit rendez-vous du soir (mais grand moment) est pour tous les deux une grande source de joie (enfin la plupart du temps). Louis espère pouvoir lire Tintin au Tibet pour Noël même s’il sait déjà que Tchang, il est pas mort pour de vrai… En attendant Louis passe en segundo grado, tout cela est un peu rapide et nous espérons que Louis va prendre le rythme d’autant plus qu’il rentre dans le collège où travaille Claire qui est un peu plus strict… vamos a ver

Julien arrive en fin de première année de maternelle et lui aussi a beaucoup de retard !!! Ses compañeros savaient écrire leur nom, quelques chiffres tandis que notre petit gringo essayait péniblement de barbouiller ses dessins sans salir la table… Ses premiers devoirs, eh oui Julien a beaucoup de devoirs, étaient assez approximatifs voire surréalistes mais force est de constater qu’il parvient de mieux en mieux à dessiner, écrire les lettres, compter, coller, découper… et qu’il en ressent une grande satisfaction personnelle et effectue ses devoirs avec fierté, bonne volonté !
En cette fin d’année, il sait compter jusqu’à 15 en français et en espagnol, lire quelques lettres et écrire (presque sans regarder) son prénom et recopier de manière presque lisible les chiffres…

lundi 12 décembre 2011

La plume sans le masque...



Nous bénéficions d’une bibliothèque relativement fournie pour des missionnaires. Nos prédécesseurs ont semé derrière eux des livres que nous engloutissons avidement. Les auteurs sont très divers : Troyat, Weber, Vargas Llosa, mais aussi Musso et Lévy (euh, c’est la même personne, non ?)…
Nous découvrons parfois des petites merveilles comme ce roman que nous vous recommandons bien chaleureusement si vous ne l’avez pas encore lu : Le Vieux qui lisait des romans d’amour de Luis Sepulveda. Cet auteur chilien sait parler des choses sans les décrire, en quelques mots nous pénétrons l’étrange harmonie du monde de la selva amazonienne et la fantastique réalité des Shuars… (durée de lecture : aller-retour Versailles/ Paris Saint-Lazare).
Avec Le Paradis - un peu plus loin, ou deux destins croisés qui ne se rencontreront jamais, Mario Vargas Llosa se fait orfèvre de la construction littéraire. Nous découvrons la militante infatigable Flora Tristan et redécouvrons son petit fils, le flamboyant "Koké" (ça donne envie de se précipiter au musée d'Orsay). Enchevêtrés mais jamais emmêlés nous suivons les fils de ces deux destins... jusqu'au Paradis et un peu plus loin! (durée de lecture : Paris - Marseille Saint-Charles en micheline et avec un arrêt conséquent au Creusot).

samedi 10 décembre 2011

30 millions d'amis

Notre premier ami de la maison est l'oniscus asellus communément appelé cloporte. Pour notre premier jour à Manchay, il était là ainsi que sa nombreuse famille et ses nombreux amis. Ce crustacé (eh oui on s’est documenté) n’est pas agressif pour deux sous, d’un naturel assez lent il peut piquer un ultime sprint lorsqu’il sent sa dernière heure arriver. Sans aucun danger pour les êtres humains nous le préférons dans le jardin qu’il nettoie avec minutie en se nourrissant du bois mort.
Le printemps nous a apporté son joli petit lot de cafards aussi appelés blattida (eh oui, on s’est documenté). Mais attention les cafards des tropiques ne rigolent pas ! Consciencieusement nourris par les eaux noires ils atteignent facilement 5 à 6 cm (les bras levés) et font preuve d’une grande imagination lorsqu’il s’agit de se glisser dans notre maison voire sous nos draps. Ils nous rendent des visites de plus en plus fréquentes. Si le soir on entend les sœurs taper en rythme sur le sol du patio, ce n’est pas pour le prochain concours de danse… c’est une riposte musclée ! Inoffensif pour l’homme, ils souffrent du délit de (très) sale gueule, résolument on le préfère sous sa forme motorisée et scroutch le cafard…
A Manchay nous avons des amplitudes thermiques importantes. Un gros 28° en journée tombe à un petit 18° la nuit et pour un scorpion, c’est pas bon ça madame ! Du coup ils prennent la maison pour une auberge de jeunesse et en un mois nous sommes déjà à sept scorpiones (eh oui on s’est documenté), que nous avons allègrement piétinés, surtout lorsqu’ils se cachent dans le lit de Louis. Nous secouons les chaussures, inspectons les recoins pour traquer ces bébêtes sauvages… Le scorpion, de la famille des arachnides se distingue des araignées par ses pédipalpes en pinces et par l'aiguillon venimeux (saleté) qu'il porte au bout de son abdomen, a mauvaise réputation, il n’est pas agressif mais devient dangereux lorsqu’il se sent agressé que faire… cohabiter est pourtant impossible car in cauda venenum c’est bien connu même si nous n’arrivons pas à connaître de manière certaine les dommages de ces petit arthropodes. Lorsque nous interrogions à ce sujet un Manchaino, il nous a répondu « Mais ! Il n’y a pas de scorpion à Manchay ! »… Bref seul un test pourrait nous éclairer mais sur qui le pratiquer…
Nous allions oublier le meilleur, la petite souris du matin qui vous passe entre les jambes… les cris stridents de Claire l’ont fait fuir mais cette fois la guerre est déclarée… un petit tour à la ferreteria pour acheter du matalosamigos s’impose…
 
La présentation de nos amis s’achève, nous ne comptons ni les fourmis, mouches, papillons et araignées de toutes tailles qui viennent agrémenter cette grande fête de la bébête qui monte qui descend, qui pique, qui court….

lundi 5 décembre 2011

Tambien la Lluvia

Nous l’avions précieusement emporté dans nos affaires… merci Isabelle !
S’inspirant des révoltes qui ont éclaté en Colombie en avril 2000, También la Lluvia d’Iciar Bollain se passe en Bolivie mais se passe aussi partout où l’homme se bat contre un système qui le méprise mais ne peut l’écraser complètement…  Le film dans le film offre une mise en abyme (hypokhâgne oblige) très réussie et très habile, les acteurs sont exceptionnels et le propos bouleversant parce que la pluie quoiqu’il en soit n’est pas à vendre ! 
PS : Gael Garcia Bernal est très beau !


samedi 3 décembre 2011

Un Regalo de Dios

Elles sont trois.
Trois sœurs, trois énergies, trois âmes, trois grâces. Hermana Elsa, Hermana Paulina et Hermana Irma, du Perpétuel Secours, viennent de différentes parties du Pérou et de la Bolivie et se retrouvent ici nos voisines à Manchay pour donner leur énergie, leur cœur et leurs grâces aux plus pauvres, avec chacune sa spécialité. Deux sont enseignantes, la troisième infirmière et toutes trois s’occupent de la coordination de différents évènements paroissiaux. Leurs journées sont longues et très chargées mais elles sont là pour nous accueillir le soir et recueillir nos impressions de la journée, jouer avec les enfants qui les ont très vite adoptées (Louis les appelle « Sœurs Hermana »). Leur présence nous rassure. Elles veillent sur nous et nous veillons sur elles. Nous partageons de très précieux moments avec elles, admiratifs de leur humilité, de leur patience, de leur souplesse mais aussi de leur détermination... Elles manient la seringue, les aiguilles à tricoter et la toupie avec la même dextérité. Elles peuvent fabriquer de la chicha morada et du pop corn pour vingt personnes en cinq minutes. La liste de leurs talents est sans fin et nous n’imaginons pas un gâteau partagé autrement qu’en sept…
A Louis qui leur demandait pourquoi elles avaient donné leur vie à Jésus, elles ont répondu par un mot : « Amor ». Elles sont nos premières amies au Pérou et quelles amies! Nous prions pour elles et nous savons qu’elles prient pour nous et pour vous…

vendredi 2 décembre 2011

Tous derrière !


Nous venons (a priori - ojala!) d’échapper à un petit périple de 24h (de bus) à la frontière équatorienne (qui en d’autres circonstances ne nous aurait pas déplu) pour sortir du pays avec les enfants puis revenir pour obtenir un nouveau délai de visa touristique au Pérou…
Merci Aurore, merci Marie-Françoise…
Ce petit épisode nous montre bien que la mission ne s’arrête pas pour vous, vous êtes là, infatigables, avec vos messages, vos pensées, vos prières, vos colis maravillosos, votre aide et votre soutien indéfectible.
Grande abraso para todos !

vendredi 11 novembre 2011

Los niños

Assez parlé des gringitos…

Les enfants d’ici sont également pleins de vie et réellement stupéfiants. Véritables tornades d’affection, il n’y a pas un cours qui ne se termine ou ne commence sans un abraso. Pas une récréation où Claire ne reçoive un gâteau, des bonbons, des présents divers et variés… Serge reçoit, lui, des poèmes enflammés et des dessins charmants... Ces tourbillons de tendresse ne font pas de ces enfants les élèves les plus disciplinés du monde et nous avons vite appris à conjuguer le verbe « s’assoir » et « se taire » aux diverses personnes de l’impératif… (la maîtresse de Louis ajoute un magnifique « caramba », que nous n’osons pas encore nous permettre…). Il n’est pas rare que les enfants se lèvent sous un prétexte quelconque, ou se mettent à jouer de la flûte en cours...Mais rien ne peut nous faire oublier la joie, la soif de vivre de ces enfants leur spontanéité et leur ingéniosité !

 

jeudi 10 novembre 2011

Señor de los Milagros



Dimanche dernier nous fêtions le passage du Señor de Los Milagros à Manchay. "Mais qu’est-ce donc que le Señor de Los Milagros" me direz-vous…
Cette histoire débute vers le milieu du XVIIe siècle. A Lima, un humble mulato (métis) peint le Christ crucifié sur un tronçon de paroi, entouré de Marie et Marie-Madeleine, dans la confrérie de Pachamilla, zone où les Angolais ont été regroupés et vivent dans une pauvreté absolue. Le 13 novembre 1655, à 14h45 survint un terrible séisme à Lima et au Callao, les églises s’effondrent, les demeures s’enterrent en laissant des milliers de morts et sinistrés. Toutes les parois de la confrérie s’effondrent, sauf une faible paroi sur laquelle se trouve l'image de Jésus. L'image est restée intacte, sans aucune fissure.On décida alors de l'appeler le Señor de Los Milagros
Par ailleurs, mais pas trop loin quand même, Antonia Lucia du Saint Esprit contribua à la diffusion du culte or elle s'habillait de mauve avec une dentelle blanche. Elle a fondé le "Beatario" des Nazaréens et la congrégation s'est habillé comme elle avec pour tâche principale de veiller sur l'image de Pachacamilla. Ainsi, peu à peu, on a associé la combinaison mauve au Señor de los Milagros. Depuis lors jusqu'à aujourd'hui, les fidèles font des demandes au Christ Mauve (Cristo Morado) et promettent en échange, de s'habiller de mauve pour une semaine, un mois, une année ou pour toute une vie.
Après la première grande procession qui se tient à Lima, une reproduction peinte de la paroi se déplace de ville en ville. Elle est arrivée à Manchay le 6 novembre. La messe était naturellement consacrée en partie à la célébration du Señor de Los Milagros et suivie d’une procession et bien sûr d’un petit alfombra à piétiner allègrement! A la fin de la messe, le Padre Jose a invité les enfants à recevoir la bénédiction et sur un malentendu (quelques progrès restent à faire sur le castillan), Claire accompagne Louis qui voulait « recevoir l’eau » et en s’approchant de l’autel, nous nous rendons compte que seuls les enfants du cortège tout de violet vêtu étaient invités à venir… Qu’à cela ne tienne, Padre Jose nous fait de grands signes et nous demandent via micro de rejoindre le groupe or on ne dit pas "non "  à Padre Jose… C’est ainsi que Louis est accueilli (applaudissements et abraso compris) au sein du cortège tandis que le sacristain se dépêche de lui trouver un vêtement violet…
Louis était très content de participer de cette manière à la procession et ne voulait plus quitter sa capeline qu’il remettra pour l’inauguration de la chapelle du Señor de Los Milagros qui aura prochainement lieu à Manchay ! Suite au prochain numéro…

dimanche 6 novembre 2011

Baila (bis)


Pour clôturer le chapitre sur la danse, nous ne pouvons résister à l’envie de vous présenter le danseur numéro un de Manchay qui fraîchement débarqué de son avion a chaviré les cœurs des Manchaynos devant les yeux totalement médusés de ses parents… Le seul, l’unique
JULIEN

vendredi 4 novembre 2011

Baila

La danse ou plutôt devrions-nous dire les danses font partie intégrante de la vie des Péruviens. Chaque région (Selva, Sierra, Costa…), chaque district, chaque ethnie (hispanique/ amérindiens/ africaine) possède sa propre danse : la marinera, les caporales, le waylarsh Wanka, la danza carachupa, la chonguinada, le wititi, la diablada puneña, la danse des tijeras (ciseaux) ou encore l’alcatraz. Toutes ces danses sont extrêmement vivantes et vécues par les Péruviens et cela dès leur plus jeune âge. Les danses folkloriques sont étudiées dans les écoles de manière théorique et pratique. Lors des divers concours de la Virgen, les élèves ont pu montrer leurs talents à travers plusieurs danses folkloriques.
En cette fin du mois d’octobre, Claire est à nouveau jurée (une demande à Fidesco est actuellement en cours afin d’ouvrir un poste de missionnaire comme juré à temps plein sur Manchay…) pour le concours de danse de l’Instituto Juan Pablo II (qui héberge le bureau de Manchay Verde). Ce concours a lieu à la tombée de la nuit et annonce la grande kermesse du 30 octobre, le dimanche suivant où un autre concours de danse aura lieu. C’est donc un festival de couleurs, de prouesses techniques, un concentré d’énergie et des trésors d’inventivité que des danseurs de tous âges et des diverses institutions paroissiales nous ont livré.

samedi 29 octobre 2011

Mototaxi


Pratique, rapide et bon marché, les mototaxis sont légion à Manchay. Sorte de moto à trois roues, ils possèdent un petit habitacle en toile plastique dans lequel se trouve une (petite, toute petite) banquette. Les mototaxis ne roulent pas très vite mais se faufilent bien dans les embouteillages. Lorsque notre voiture tombe en panne (ce qui est fréquent), nous avons recours à leur service pour le plus grand bonheur des enfants. Une chose à savoir, plus on est de fous dans un (petit, tout petit) mototaxi, plus la route est pourrie et plus on rit…
Voici en image un petit voyage à six dans un (petit, tout petit) mototaxi pour fêter l’arrivée de Mathilde (eh oui, « Mathilde est rrevenuuuue ») volontaire à Huaycan (sujets au mal de mer s’abstenir) !

vendredi 28 octobre 2011

DRIIING!!!


Holà a todos, Luis y Julian hablan…

Au Pérou, il y a des lamas, il y a (t’) aussi beaucoup de sortes de chiens. Il y a beaucoup de choses nouvelles. Mon école est juste à côté de la maison et il y a beaucoup de choses bizarres. La langue est bizarre, on ne comprend pas très bien la langue du Pérou.
Je n’aime pas quand l’école dure trop longtemps. J’aime bien faire des additions, elles sont bien celles du Pérou. A l’école je peux passer par le haut de la cour de récréation, je passe par les escaliers et je sui(t) arrivé. J’aime bien chanter l’hymne du Pérou et de Manchay. J’aime bien inspecter les choses qui sont dans le « dépositoire » (ndlr: deposito). J’ai une copine qui s’appelle Leslie et un copain qui s’appelle Hebert. A Manchay, il y a beaucoup de poussière. Il y a des mototaxis qui sont presque comme des motos sauf qu’elles sont un petit charriot derrière qui est très très bien accroché. Au revoir. Louis.




Moi, j’habite dans le Pérou. Les iguanes, je les aime pas y me mangent et mangent mes doudous et je vais les attraper. Ma maîtresse, elle s’appelle Dionysia et l’autre Margarita. Hortense c’était ma copine et je voulais la revoir et Aloïs c’était mon copain et je voulais le revoir aussi (ndlr : il parle aussi souvent de Noa!). J’aime bien boire la chicha morada et le « linca kola ». (PS: ne me demandez pas pourquoi la photo est de travers, Maman s'arrache les cheveux dessus...)

jeudi 27 octobre 2011

Trompos!


Les bei blade n'ont qu'à bien se tenir! Nos petits Manchaynos revisitent la bonne vieille toupie de bois peint et réalisent de véritables prodiges. Nous avons acheté les nôtres moins d’une heure après notre arrivée à Manchay et nous comptons bien inonder les écoles françaises de ces petits bidules colorés à notre retour !!! Comme vous allez le voir,  tout est dans le lancer !

mardi 25 octobre 2011

Cucarachas!

Il paraîtrait qu’une nuée de ces étonnants insectes a déferlé à la fin des années 80’s début 90’s sur l’Amérique du Sud. Très bon marché cette bébête a vite été adoptée par les Péruviens qui ont su les accommoder à toutes les sauces et les métamorphoser à l’envie !
On voudrait les appeler « mariquitas » mais non définitivement, elles tiennent plus du beettle que de la bête à Bon Dieu…les CUCARACHAS !! On vous prévient la musique de cette bestiole va vous trotter dans la tête un bon moment….

lundi 24 octobre 2011

No tengo las palabras



Effectivement il n’y a pas de mot pour décrire cette merveille cinématographique. Eh oui, vous n’allez pas le croire mais il existe un film sur Manchay et quel film… La Teta Asustada.
Vous verrez Manchay exactement comme nous aujourd’hui (d’ailleurs cela se passe près de chez nous) avec ses grandes peines et ses joies incomparables. Vous verrez également que Manchay est la ville de tous les possibles...

mardi 18 octobre 2011

Los Gringitos

Les enfants prennent le rythme de la vie péruvienne.
Pour Louis l’adaptation s’est avérée très facile. Il semble heureux voire soulagé, de voir qu’au Pérou, il y a des maisons, des routes (enfin pas toujours mais bon passons) et pas de serpent minute, que les enfants ne transportent pas des sacs de pierre sur la tête toute la journée, que sais-je encore… Très bien accueilli par les enfants de son école, Louis  s’est parfaitement acclimaté à sa nouvelle école même si la maîtresse nous a quand même demandé de dire à Louis de ne plus s’échapper de la classe pour rentrer dans sa maison…. A sa décharge les règles de discipline et particulièrement dans cette petite école rendraient perplexes nos maîtresses françaises (Serge pense crée une association « au secours j’ai plus de voix »)… Les règles existent pourtant même si Louis a dû mal à les percevoir, d’où quelques tirages de cheveux qui l’agacent fortement !!! Malgré tout il apprend beaucoup de choses dans son école et rentre le soir avec de nombreux devoirs qu’il fait d’assez bonne grâce…
Julien s’acclimatent plus progressivement mais sûrement à sa nouvelle vie… coucher tôt, lever tôt (même le week-end, chouette !)… Ne faisant pas la sieste à la cuna, il rentre assez fatigué de sa journée et cela devient parfois difficile de faire les devoirs (conséquents pourtant) même si Julien s’y met de bon cœur et avec une grande application (enfin quand tout va bien)… Julien parle espagnol avec un petit accent ravissant que sa mère lui envie (elle qui, de son côté, rame copieusement).
Tous deux se sont incroyablement bien faits à leur environnement et aux diverses restrictions (regardez bien Julien dans son « bain »…) et ils apprécient à leur juste valeur une bonne rasade de ketchup, un vrai gâteau au chocolat, une partie de mille bornes en famille, un crayon bien taillé… bref la vie est une fête…

mercredi 12 octobre 2011

La P(l)oubelle!

A Manchay, vous l’aurez compris, on ne jette rien ! Enfin presque…
Lorsque l’on arrive à Manchay une des premières choses qui vous frappent, ce sont malgré tout, les poubelles. Elles sont là, tout le temps, partout, éventrées par les chiens et dispersées par le vent. Les Manchaynos déposent leurs poubelles tous les jours. Lorsque nous avons voulu sortir nos premières poubelles nous ne savions ni où ni quand les déposer. Nos voisines nous ont indiqué un « tas » situé de l’autre côté de la route et nous ont assurés qu’un service d’éboueurs passait régulièrement sans qu’il y ait un jour spécial.
                                         Lorsque nous avons interrogé un de ces éboueurs, il nous a assuré que les services de la municipalité passaient tous les jours… Un peu incrédules nous les avons déposées à l’endroit indiqué.  Peu à peu, et c’est souvent le cas ici pour nous, on s’aperçoit que ce désordre apparent répond tout de même à des règles. En effet les « tas » formés sont toujours au même endroit, et force est de constater que les services de la ville de Pachacamac passent assez souvent. Nous avons donc adopté une stratégie, lorsque le « tas » est important, nous y ajoutons notre gros sac de poubelles !

Dès les premiers jours, nous avions des envies de containers, d’enclos pour protéger ces poubelles des chiens errants qui viennent en horde chercher leur pitance. Les Manchaynos ne nous ont pas attendus avec ces espèces de cageots à une patte !

mardi 11 octobre 2011

Les trois "R"

Encouragés par le projet Manchay Verde dont Serge est un vaillant missionnaire, nous avons voulu mettre en application les trois « R » : Reducir, Reutilizar, Reciclar.
Reducir d’abord, c’est d’abord réduire sa consommation ! Grâce à notre indemnité modeste mais juste, nous avons largement pu réduire notre consommation en général, et en particulier sur les produits tout prêts (incroyable, il n’y a pas de Picard à Manchay…). Du coup nous cuisinons beaucoup plus (à paraître Les 100 manières de manger du riz avec et sans patates) et produisons beaucoup moins de déchets ménagers.

 
Reutilizar c’est percevoir l’esprit créatif des Manchaynos. Lorsqu’il manque tout ou presque, on l’invente avec deux objets cassés, on en compose un nouveau qui marche. Ici on ne jette rien, les objets même les plus modestes attendent leur heure… Là encore nous sommes mis au diapason et nous déclinons les objets à l’infini, la bouteille d’eau devient pot de fleur, entonnoir ou encore bougeoir pour la retraite au flambeau. Les petits pots de Pauline deviennent un pot de confiture, un vase, un coquetier ! 



Reciclar c’est comprendre qu’à Manchay les poubelles ont de la valeur! Dans le cadre du projet Manchay Verde, des concours de recyclage sont organisés entre les écoles avec les recicladores de la ville afin de sensibiliser les enfants à la protection de leur environnement. Un reciclador, ou compro chatarra, c’est un peu comme un ferrailleur, il pèse puis rachète le plastique, le papier, le métal, le verre… Nous avons voulu appliquer ces mêmes règles à notre petite famille, et c’est ainsi que nous avons patiemment conservé nos bouteilles, canettes, papiers. Trois semaines plus tard, nous nous rendons chez notre compro chatarra préféré qui pèse et soupèse, le résultat tombe : c’est trois soles cinquante (un peu moins d’un euro) pour notre petit cochon vert. Les enfants sont ravis et rêvent à tout ce que la vente de nos poubelles va pouvoir nous rapporter…