Dernier volet de la saga de l’été, le retour dans notre
maison avec cette question qui nous taraude depuis quelques jours, comment va-t-on
retrouver le jardin, la maison, volée ? Envolée ? Brulée ?
Inondée ? Eh non, seulement envahie par nos amis les bêtes qui
manifestement ont eu des petits et n’ont pas eu besoin des clefs pour organiser
la fiesta du siècle dans le frigo, les placards… Incroyable mais vrai, les
fourmis sont parvenues à desceller le carrelage de la cuisine, les mouches à faire
une méga chocolatada avec notre
Nestlé dessert (sales bêtes)… depuis une lutte sans merci s’est installée,
Serge dirige les attaques, Claire nettoie le champ de bataille, fourmis,
scorpions, araignées, cafards et autres n’ont qu’à bien se tenir !!!
mardi 17 janvier 2012
dimanche 15 janvier 2012
Volet II: Est-ce que tu viens...?
Le grand Nord est à nous, après une nuit (très bonne) passée
dans un car fort luxueux, nous arrivons au petit matin à Trujillo, la Belle
endormie que nous avons vite quittée pour rejoindre notre hôtel à Huanchaco
([huanchágo]
qu’y disent les gens du Nord), le Naylamp qui fut notre première bonne
surprise. Un petit saut dans le tumultueux Pacifique, un plongeon dans le picso sour et les vacances prennent un
air de paradis !! Nous avons remonté le temps à Chanchan, à la Huaca de la Luna et au musée des Tombes
Royales de Sipán à Lambayeque (musée absolument extraordinaire à tous les
niveaux) et découvert notamment la civilisation extrêmement développée des Mochicas.
Après un bref passage dans un Chiclayo survolté et surpeuplé nous avons repris
la route vers Tumbes puis vers Puerto Pizarro. Après avoir claqué la bise aux
crocodiles de la mangrove, nous avons repris le car vers Zorritos. Si un jour
vous passez par là, arrêtez-vous à l’éco-hôtel Tres Puntas, aussi beau que poétique, aussi fantasque qu’écologique :
« Ici rien ne se crée, rien ne se perd tout se transforme » (sacré Lavoisier)… et puis le
voyage en sens inverse… dix-huit heures de car… ça en fait des films… Nous
arrivons moyennement frais dans un Lima bien caliente, un petit passage bien
sympathique chez nos Liméniens préférés, notre belle voiture nous attend, à
nous Manchay!!!!
Nous avons fait le plein de souvenirs enchanteurs, de soleil
(aïe), de belles rencontres (Michel d’Ottawa, Les Six Piafs de Saint-Nazaire, Salvador d’Espagne…),
de paix et de vitalité !!!
samedi 31 décembre 2011
Volet I : Deuxième été
Comme convenu, nous profitons de notre deuxième été…
Après quatre mois à couper le souffle nous avons décidé de
partir avec nos deux hermanitas de
Huyacan Marilia et Mathilde dans le nord du Pérou c’est-à-dire l’équivalent du
Sud de la France pour vous puisque nous nous rapprocherons de l’Equateur et de
son brûlant soleil…
Même si nous sommes bien fatigués et très heureux à l’idée
de découvrir le Pérou, le fait de prendre des vacances dans son pays de mission
nous paraît un peu étrange, et propice à la schizophrénie. Durant quelques
jours nous allons devenir les « clients » d’un pays que nous sommes
venus servir… Par ailleurs, nous serons loin de notre quotidien, loin de
Manchay, loin de nos missions et même si c’est le but recherché, cela nous fait
un peu bizarre…
mercredi 28 décembre 2011
Lima
Sur la généreuse proposition de Marie, nous avons profité de l’appartement des
Chacon à San Miguel et pris deux jours pour faire un peu de tourisme dans Lima,
cette ville si grande, si grande, si difficile à connaître et à définir tant
les quartiers sont différents les uns des autres, les univers disparates,
parfois même opposés…
Arrivés vers
19h à Lima, nous avons vite déposé nos affaires à San Miguel (Camino del Inca,
cela ne s’invente pas), nous avons chaussé nos jeans, enfilé nos baskets pour
aller manger en famille au… aller on ose le dire… au Mac Do, véritable restau
de luxe au Pérou, tant au niveau des prix que de la propreté, des jeux pour
enfants… et allez on ose le dire… c’était trop bon !!! Rapidement englouti
(comme il se doit), nous avons filé au parque
de las aguas de nuit vers 21h. Il s’agit d’un immense parc débordant de
fontaines plus extraordinaires les unes que les autres. Jeux d’eaux, de
couleurs sur des fonds musicaux très rythmés… nous sommes émerveillés… et
trempés !! En effet les visiteurs peuvent jouer avec certaines fontaines
qui s’animent sur des rythmes aléatoires et si l’on n’est pas assez ou trop
rapide… on est mouillé… Heureusement ce petit soir d’été n’est pas trop
frisquet et c’est allègrement que les enfants jouent à ne pas éviter les jets
multicolores…
Le
lendemain, un autre parc nous attendait tout aussi magnifique et surprenant, el parque de las leyendas. Il s’agit
d’un parc animalier original puisque d’une part il est construit autour
d’anciens huacas (temples) pré-incas
(c’est comme chez Mickey mais en vrai…) et d’autre part, il reproduit les trois
univers géographiques du Pérou : la selva,
la sierra, la costa d’une manière plus que réaliste (les deux hommes en barque
semblent tout droit sortis d’un bras de l’Amazone… non ?). Les enfants
sont enchantés par tous ces trésors de la nature, amusés par les singes,
impressionnés par les fauves… ils déambulent joyeusement pendant cinq heures
sans faiblir jusqu’à ce que l’on doive prendre le chemin du retour… Julien
s’endort sur les épaules de Maman, Louis scande chaque mètre d’un « on
arrive quand », nous sommes éreintés mais ravis par notre périple
liménien !
mardi 27 décembre 2011
Shopping
Avec Mathilde, nous avions fait notre premier coup d’essai
sur Manchay, histoire de voir si on n’était pas trop rouillée question
shopping. Si nous y arrivions à Manchay, nous pouvions aller dans la grande
ville : Lima. Nous avons réussi à faire de magnifiques affaires à Manchay
dont cette superbe pioche qui faisait tant rêver Mathilde…
Je vous rassure seule Marie est passée à l'achat...
dimanche 25 décembre 2011
Nacimientos del Mundo
Nous sommes loin de nos familles, loin les uns des autres
mais les liens demeurent ! Merci aux volontaires qui se sont prêtés au jeu
du tour du monde des crèches de Noël. Comme vous le savez les volontaires ont
des moyens « modestes mais justes » ce qui les rend inventifs et
ingénieux lorsqu’il s’agit des préparatifs de Noël !! Pour la plupart,
nous avons dû nous séparer de nos beaux santons provençaux, de nos jolies
guirlandes et devons ici faire avec les « moyens du bord ». C’est
avec une grande joie que les volontaires Fidesco vous présentent leurs crèches du
bout du monde, et vous souhaitent à tous un très joyeux Noël
vendredi 23 décembre 2011
Chocolatadas y promociones
Noël coïncide
également avec la fin de l’année scolaire. Au Pérou, tandis que l’on
range les crayons, déchire ses cahiers (pour le recyclage !), on fait
chauffer les marmites pour la CHOCOLATADA et
l’on se pomponne pour les promociones!!!
A l’heure où nous vous parlons, nous en sommes à notre
cinquième chocolatada… En quoi consiste la chocolatada - on vous sent impatients
- : en un chocolat chaud bien sûr, agrémenté de cannelle et accompagné
d’un copieux morceau de panetón, cette grosse brioche
italienne farcie de fruits confits, que rico… La chocolatada serait bien
triste sans les chants et les danses qui viennent animer ces fêtes. Dans les
écoles, chaque classe tient sa propre chocolatada avec sa
propre organisation (trois voire quatre réunions de parents sont nécessaires
pour se mettre bien bien d’accord). La chocolatada
de Louis s’est révélée exceptionnelle ! A dix-huit heures, nous arrivons
dans une classe joyeusement décorée, le son de la musique est à fond et
maîtresses (parfois déguisées) et enfants se trémoussent avec une énergie
inouïe pendant trois heures en mangeant des bonbons et en buvant du sprite [espraït] (carburant indispensable au
trémoussage susnommé). La séance est très, très animée (croyez-nous) surtout au
moment de la hora loca (véritable
institution, nous avons pu depuis nous en rendre compte) où trois hurluberlus
(dont la prof de computación) déguisés en arlequins à
paillettes, débarquent en dansant avec sifflets, ballons, cotillons … La fiesta se termine, vers 21 heures, par la
distribution des cadeaux (deux réunions pour le choix et le montant des
cadeaux). Les filles ont des genres de « Barbie » et les garçons des genres
de « Ken » qui fait la guerre avec des variantes plus pacifiques de
« Ken » qui fait du patin à roulettes ou du surf… Louis et Julien
étaient vraiment ravis et cela faisait grand plaisir de les voir si contents.
Les grands de sexto
grado (équivalent pour l’âge de la sixième française) n’ont plus de chocolatada, ils ont leur promoción ! Le passage du primaire au secondaire est
très marqué au Pérou. La promoción est une chose
sérieuse avec laquelle on ne mégote pas… les demoiselles sont coiffées,
maquillées, parées de leurs plus beaux atours (souvent loués pour l’occasion),
les jeunes gens sont parfumés, gominés, en costume-cravate. C’est à la fois
amusant et très touchant de voir tout ce beau monde arriver en mototaxi dans
leur école transformée en salle de bal à l’américaine pour l’occasion. Serge a
eu l’honneur de participer à la promoción de son école et
d’y savourer son premier pisco sour…
On pourrait bien sûr, avec notre regard de
Devant tous ces préparatifs, ces enchaînements de fêtes,
nous sommes admiratifs, une fois encore, de cette joie de vivre et de toute
cette énergie qu’ont les Manchaynos, nous qui sommes en cette fin d’année sur
les rodillas, et tellement heureux à
l’approche des vacances…
mardi 20 décembre 2011
Adviento
Au Pérou, on
ne plaisante pas avec les préparatifs de Noël…
Tous les
grands magasins se parent de leurs plus beaux atours et c’est un festival de
couleurs fort appétissant ! Attention
pourtant, perdre un enfant au rayon « guirlandes musicales » peut
s’avérer être la source d’un dommage psychologique irréparable !
Dans les
écoles, c’est l’occasion vous l’aurez deviné d’un … concours ! Durant deux
semaines, on évalue les décorations des classes, les crèches, les chants
de Noël. Enfants et maîtresses fournissent une fois de plus un gros travail et s’ingénient
à créer les arbres les plus divers, les crèches les plus majestueuses, les
décorations les plus originales avec un enthousiasme toujours plus
tenace ! Le concours est d’un bon niveau et il n’est pas facile de
départager les concurrents (vous l’aurez compris, Claire est membre du jury du
concours de chants de Noël) !

A la maison on suit le mouvement
et nous décorons notre maison d’une crèche, d’un sapin, d’une couronne de
l’Avent et même du calendrier qui va avec (chose qui n’existe pas au
Pérou)!!!
Concept et conception...
Un peu d’Arman, de Calder, un cheveu d’Andy (pas plus), un soupçon de
Kawamata, un rien de Ganivet…
Pour tes parents grands amateurs
de tas, piles, amoncellements et autres concepts étranges et pour toi, qui n’en
est plus un, petit bonhomme, depuis le 19 décembre !
Bienvenido Colin
lundi 19 décembre 2011
Ça mérite…
Oui,
effectivement, le premier pisco sour
devant le coucher de soleil sur la plage de Barranco à parler des prochaines
vacances avec Mathilde, ça mérite un petit post… Deux heures durant lesquelles
nous avons oublié Manchay, la mission, nous étions des touristes d’une
ignorance bienheureuse… Que c'est bon parfois...
samedi 17 décembre 2011
Tienes tareas?
Voilà qui nous a semblé bien surprenant (voire un peu inquiétant), au Pérou les enfants ont beaucoup de devoirs…
Arrivant en fin d’année Louis rattrape comme il peut six mois d’écriture et de mathématiques. Ainsi les soirées sont bien chargées de lignes à recopier, de syllabes à répéter, de dictées à réviser… Heureusement le prof d’anglais s’avère assez compréhensif et n’alourdit pas trop la masse des devoirs… gentil Papa… Louis apprend également à lire en français avec Maman et ce petit rendez-vous du soir (mais grand moment) est pour tous les deux une grande source de joie (enfin la plupart du temps). Louis espère pouvoir lire Tintin au Tibet pour Noël même s’il sait déjà que Tchang, il est pas mort pour de vrai… En attendant Louis passe en segundo grado, tout cela est un peu rapide et nous espérons que Louis va prendre le rythme d’autant plus qu’il rentre dans le collège où travaille Claire qui est un peu plus strict… vamos a ver…
En cette fin d’année, il sait compter jusqu’à 15 en français et en espagnol, lire quelques lettres et écrire (presque sans regarder) son prénom et recopier de manière presque lisible les chiffres…
lundi 12 décembre 2011
La plume sans le masque...
Nous bénéficions d’une bibliothèque relativement fournie pour des missionnaires. Nos prédécesseurs ont semé derrière eux des livres que nous engloutissons avidement. Les auteurs sont très divers : Troyat, Weber, Vargas Llosa, mais aussi Musso et Lévy (euh, c’est la même personne, non ?)…
Nous découvrons parfois des petites merveilles comme ce roman que nous vous recommandons bien chaleureusement si vous ne l’avez pas encore lu : Le Vieux qui lisait des romans d’amour de Luis Sepulveda. Cet auteur chilien sait parler des choses sans les décrire, en quelques mots nous pénétrons l’étrange harmonie du monde de la selva amazonienne et la fantastique réalité des Shuars… (durée de lecture : aller-retour Versailles/ Paris Saint-Lazare).
Avec Le Paradis - un peu plus loin, ou deux destins croisés qui ne se rencontreront jamais, Mario Vargas Llosa se fait orfèvre de la construction littéraire. Nous découvrons la militante infatigable Flora Tristan et redécouvrons son petit fils, le flamboyant "Koké" (ça donne envie de se précipiter au musée d'Orsay). Enchevêtrés mais jamais emmêlés nous suivons les fils de ces deux destins... jusqu'au Paradis et un peu plus loin! (durée de lecture : Paris - Marseille Saint-Charles en micheline et avec un arrêt conséquent au Creusot).samedi 10 décembre 2011
30 millions d'amis
Notre premier ami de la maison est l'oniscus asellus communément appelé cloporte. Pour notre premier jour à Manchay, il était là ainsi que sa nombreuse famille et ses nombreux amis. Ce crustacé (eh oui on s’est documenté) n’est pas agressif pour deux sous, d’un naturel assez lent il peut piquer un ultime sprint lorsqu’il sent sa dernière heure arriver. Sans aucun danger pour les êtres humains nous le préférons dans le jardin qu’il nettoie avec minutie en se nourrissant du bois mort.
Le printemps nous a apporté son joli petit lot de cafards aussi appelés blattida (eh oui, on s’est documenté). Mais attention les cafards des tropiques ne rigolent pas ! Consciencieusement nourris par les eaux noires ils atteignent facilement 5 à 6 cm (les bras levés) et font preuve d’une grande imagination lorsqu’il s’agit de se glisser dans notre maison voire sous nos draps. Ils nous rendent des visites de plus en plus fréquentes. Si le soir on entend les sœurs taper en rythme sur le sol du patio, ce n’est pas pour le prochain concours de danse… c’est une riposte musclée ! Inoffensif pour l’homme, ils souffrent du délit de (très) sale gueule, résolument on le préfère sous sa forme motorisée et scroutch le cafard…
A Manchay nous avons des amplitudes thermiques importantes. Un gros 28° en journée tombe à un petit 18° la nuit et pour un scorpion, c’est pas bon ça madame ! Du coup ils prennent la maison pour une auberge de jeunesse et en un mois nous sommes déjà à sept scorpiones (eh oui on s’est documenté), que nous avons allègrement piétinés, surtout lorsqu’ils se cachent dans le lit de Louis. Nous secouons les chaussures, inspectons les recoins pour traquer ces bébêtes sauvages… Le scorpion, de la famille des arachnides se distingue des araignées par ses pédipalpes en pinces et par l'aiguillon venimeux (saleté) qu'il porte au bout de son abdomen, a mauvaise réputation, il n’est pas agressif mais devient dangereux lorsqu’il se sent agressé que faire… cohabiter est pourtant impossible car in cauda venenum c’est bien connu même si nous n’arrivons pas à connaître de manière certaine les dommages de ces petit arthropodes. Lorsque nous interrogions à ce sujet un Manchaino, il nous a répondu « Mais ! Il n’y a pas de scorpion à Manchay ! »… Bref seul un test pourrait nous éclairer mais sur qui le pratiquer…
Nous allions oublier le meilleur, la petite souris du matin qui vous passe entre les jambes… les cris stridents de Claire l’ont fait fuir mais cette fois la guerre est déclarée… un petit tour à la ferreteria pour acheter du matalosamigos s’impose…
La présentation de nos amis s’achève, nous ne comptons ni les fourmis, mouches, papillons et araignées de toutes tailles qui viennent agrémenter cette grande fête de la bébête qui monte qui descend, qui pique, qui court….
lundi 5 décembre 2011
Tambien la Lluvia
Nous l’avions précieusement emporté dans nos affaires… merci Isabelle !
S’inspirant des révoltes qui ont éclaté en Colombie en avril 2000, También la Lluvia d’Iciar Bollain se passe en Bolivie mais se passe aussi partout où l’homme se bat contre un système qui le méprise mais ne peut l’écraser complètement… Le film dans le film offre une mise en abyme (hypokhâgne oblige) très réussie et très habile, les acteurs sont exceptionnels et le propos bouleversant parce que la pluie quoiqu’il en soit n’est pas à vendre !
PS : Gael Garcia Bernal est très beau !
samedi 3 décembre 2011
Un Regalo de Dios
Elles sont trois.
Trois sœurs, trois énergies, trois âmes, trois grâces. Hermana Elsa, Hermana Paulina et Hermana Irma, du Perpétuel Secours, viennent de différentes parties du Pérou et de la Bolivie et se retrouvent ici nos voisines à Manchay pour donner leur énergie, leur cœur et leurs grâces aux plus pauvres, avec chacune sa spécialité. Deux sont enseignantes, la troisième infirmière et toutes trois s’occupent de la coordination de différents évènements paroissiaux. Leurs journées sont longues et très chargées mais elles sont là pour nous accueillir le soir et recueillir nos impressions de la journée, jouer avec les enfants qui les ont très vite adoptées (Louis les appelle « Sœurs Hermana »). Leur présence nous rassure. Elles veillent sur nous et nous veillons sur elles. Nous partageons de très précieux moments avec elles, admiratifs de leur humilité, de leur patience, de leur souplesse mais aussi de leur détermination... Elles manient la seringue, les aiguilles à tricoter et la toupie avec la même dextérité. Elles peuvent fabriquer de la chicha morada et du pop corn pour vingt personnes en cinq minutes. La liste de leurs talents est sans fin et nous n’imaginons pas un gâteau partagé autrement qu’en sept…
A Louis qui leur demandait pourquoi elles avaient donné leur vie à Jésus, elles ont répondu par un mot : « Amor ». Elles sont nos premières amies au Pérou et quelles amies! Nous prions pour elles et nous savons qu’elles prient pour nous et pour vous…
vendredi 2 décembre 2011
Tous derrière !
Nous venons (a priori - ojala!) d’échapper à un petit périple de 24h (de bus) à la frontière équatorienne (qui en d’autres circonstances ne nous aurait pas déplu) pour sortir du pays avec les enfants puis revenir pour obtenir un nouveau délai de visa touristique au Pérou…
Merci Aurore, merci Marie-Françoise…
Ce petit épisode nous montre bien que la mission ne s’arrête pas pour vous, vous êtes là, infatigables, avec vos messages, vos pensées, vos prières, vos colis maravillosos, votre aide et votre soutien indéfectible.
Grande abraso para todos !
vendredi 11 novembre 2011
Los niños
Assez parlé des gringitos…
Les enfants d’ici sont également pleins de vie et réellement stupéfiants. Véritables tornades d’affection, il n’y a pas un cours qui ne se termine ou ne commence sans un abraso. Pas une récréation où Claire ne reçoive un gâteau, des bonbons, des présents divers et variés… Serge reçoit, lui, des poèmes enflammés et des dessins charmants... Ces tourbillons de tendresse ne font pas de ces enfants les élèves les plus disciplinés du monde et nous avons vite appris à conjuguer le verbe « s’assoir » et « se taire » aux diverses personnes de l’impératif… (la maîtresse de Louis ajoute un magnifique « caramba », que nous n’osons pas encore nous permettre…). Il n’est pas rare que les enfants se lèvent sous un prétexte quelconque, ou se mettent à jouer de la flûte en cours...Mais rien ne peut nous faire oublier la joie, la soif de vivre de ces enfants leur spontanéité et leur ingéniosité !
jeudi 10 novembre 2011
Señor de los Milagros
Dimanche dernier nous fêtions le passage du Señor de Los Milagros à Manchay. "Mais qu’est-ce donc que le Señor de Los Milagros" me direz-vous…
Cette histoire débute vers le milieu du XVIIe siècle. A Lima, un humble mulato (métis) peint le Christ crucifié sur un tronçon de paroi, entouré de Marie et Marie-Madeleine, dans la confrérie de Pachamilla, zone où les Angolais ont été regroupés et vivent dans une pauvreté absolue. Le 13 novembre 1655, à 14h45 survint un terrible séisme à Lima et au Callao, les églises s’effondrent, les demeures s’enterrent en laissant des milliers de morts et sinistrés. Toutes les parois de la confrérie s’effondrent, sauf une faible paroi sur laquelle se trouve l'image de Jésus. L'image est restée intacte, sans aucune fissure.On décida alors de l'appeler le Señor de Los Milagros
Par ailleurs, mais pas trop loin quand même, Antonia Lucia du Saint Esprit contribua à la diffusion du culte or elle s'habillait de mauve avec une dentelle blanche. Elle a fondé le "Beatario" des Nazaréens et la congrégation s'est habillé comme elle avec pour tâche principale de veiller sur l'image de Pachacamilla. Ainsi, peu à peu, on a associé la combinaison mauve au Señor de los Milagros. Depuis lors jusqu'à aujourd'hui, les fidèles font des demandes au Christ Mauve (Cristo Morado) et promettent en échange, de s'habiller de mauve pour une semaine, un mois, une année ou pour toute une vie.
Après la première grande procession qui se tient à Lima, une reproduction peinte de la paroi se déplace de ville en ville. Elle est arrivée à Manchay le 6 novembre. La messe était naturellement consacrée en partie à la célébration du Señor de Los Milagros et suivie d’une procession et bien sûr d’un petit alfombra à piétiner allègrement! A la fin de la messe, le Padre Jose a invité les enfants à recevoir la bénédiction et sur un malentendu (quelques progrès restent à faire sur le castillan), Claire accompagne Louis qui voulait « recevoir l’eau » et en s’approchant de l’autel, nous nous rendons compte que seuls les enfants du cortège tout de violet vêtu étaient invités à venir… Qu’à cela ne tienne, Padre Jose nous fait de grands signes et nous demandent via micro de rejoindre le groupe or on ne dit pas "non " à Padre Jose… C’est ainsi que Louis est accueilli (applaudissements et abraso compris) au sein du cortège tandis que le sacristain se dépêche de lui trouver un vêtement violet…
Louis était très content de participer de cette manière à la procession et ne voulait plus quitter sa capeline qu’il remettra pour l’inauguration de la chapelle du Señor de Los Milagros qui aura prochainement lieu à Manchay ! Suite au prochain numéro…
dimanche 6 novembre 2011
Baila (bis)
Pour clôturer le chapitre sur la danse, nous ne pouvons résister à
l’envie de vous présenter le danseur numéro un de Manchay qui fraîchement débarqué de son avion a chaviré les cœurs des Manchaynos devant les yeux
totalement médusés de ses parents… Le seul, l’unique
JULIEN
vendredi 4 novembre 2011
Baila
En cette fin du mois d’octobre, Claire est à nouveau jurée (une demande à Fidesco est actuellement en cours afin d’ouvrir un poste de missionnaire comme juré à temps plein sur Manchay…) pour le concours de danse de l’Instituto Juan Pablo II (qui héberge le bureau de Manchay Verde). Ce concours a lieu à la tombée de la nuit et annonce la grande kermesse du 30 octobre, le dimanche suivant où un autre concours de danse aura lieu. C’est donc un festival de couleurs, de prouesses techniques, un concentré d’énergie et des trésors d’inventivité que des danseurs de tous âges et des diverses institutions paroissiales nous ont livré.
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