jeudi 23 février 2012

Escouze de dérange...


Bientôt dans les bacs, notre deuxième rapport de mission…
Le temps passe, les aventures s’enchainent et notre amour pour les Manchaynos grandit… malheureusement en ces temps de crise européenne les dons, eux, s’amenuisent et les ONG comme Fidesco connaissent de grandes difficultés auxquelles viennent s’ajouter la baisse de l’euro qu’ils doivent compenser dans tous les pays où il y a des volontaires…
Si vous voulez soutenir et partagez notre mission (ou d’autres) contactez fidesco www.fidesco.com. Vous serez ainsi l’heureux destinataire de nos rapports de mission plein de surprise, d'amour, mais aussi d’aventure et de suspense…
Et si la crise persiste, c’est promis on vous enverra des tonneaux d’Inca Kola, et des tombereaux d’arroz con papas (honnêtement on en a à revendre ou même à donner…)


vendredi 17 février 2012

Ils sont là !!!

Ils sont arrivés… qui ça ? Ben les Americaings !!!!
Ils sont trois Frank, Deborah et James. Frank vient du Texas, un vrai cow-boy avec le chapeau et les bottes, Deborah (qui a adopté huit enfants dont deux péruviens) vient du Colorado et James (who puts lemon in his beer) vient de la Louisiane. Voilà dix ans que leur aventure manchainaise a commencé aux côtés de Padre Jose. Chaque année, ils viennent aider les Manchaynos à construire des casitas de bois qu’ils financent avec l’aide de leurs amis américains. Ils ont vu Manchay changer de visage, se développer d’une manière fulgurante.  Quand Claire a parlé à Frank pour la première fois, le vide total… Les neurones ouvraient des tas de portes ne donnant sur rien, nada. Tous les mots de conjonction ou de coordination sont bloqués sur le castillan, impossible de se souvenir comment on dit « y », « pero », « mas »… Serge de son côté n’en mène pas large et n’ose avouer qu’il est ici en tant que prof d’anglais… Puis little by little ça revient, lentement mais surement, ouf ! Installés pour deux à trois semaines en face de notre maison, nous partageons le patio, les bières (et le pisco sour of course)… Ils sont beaucoup plus dingos ( «Goofy » but in french it is more funny because it means « crazy ») que Mickey. Ils ont le cœur gros comme le Texas. Serge a eu la chance de partager une journée de travail à leurs côtés et a pu voir les liens d’amitié et de fraternité qu’ils ont su tisser avec les Péruviens. Pour remercier Serge de son active participation, ils nous ont invités dans le meilleur restaurant de Manchay, la Familia (le lonely n’en parle pas, je ne comprends pas…). C’est avec beaucoup de plaisir voire même d’émotion qu’ils ont pu déguster leur premier steak dans un restaurant de Manchay, chose qu’ils n’auraient jamais imaginé il y a quelques années…
Vivre à Manchay c’est rencontrer l’autre dans ce qu’il a de plus profond et de meilleur, ce frère se révèle GORGEOUS at every time… Defenitely we love them, defenitely we are a Family of Mankind… Join us !!!


vendredi 10 février 2012

Au fait...

Nous vous souhaitons une année 2012 scintillante, resplendissante, enthousiasmante, sémillante, réjouissante, fracassante, pimpante, tonitruante, troublante, brûlante, rassurante, marrante, passionnante, envoutante, apaisante, époustouflante, débordante, chatoyante, étincelante, impressionnante, aimante, palpitante (et moi j’en profite pour embrasser ma tante…) !!

mardi 7 février 2012

Villa Asis encore!


Villa Asis est une oasis de verdure située près de nos hermanitas huaycanaises (gratt-gratt). Ce week-end nous avons eu la grande joie de pouvoir tous nous retrouver tous en famille Fidesco, les Fombelle, nos Aréquipéniens préférés, étaient là (gratt-gratt), Clothilde qui a rejoint Mathilde et Marilia à Huaycan (après un an de mission au Brésil)  et bien sûr les Chacon avec leur bientôt cinq enfants (« Milagros sorrrrs de ce corps !!! »). Une petite troupe de 20 personnes, onze enfants (mas o menos) et 9 adultes, ça en fait des tartines… (gratt-gratt). Les enfants disparaissent en petites bandes hurlantes aux quatre coins de cet immense parc, on entend Julien et Martin jouer, dans un mélange de franespagnol adorable qu’ils sont les seuls à comprendre… ! (gratt-gratt)
Du côté des grands, nous rattrapons quatre mois de papotage effréné, de rires, de complicité. Nous partageons nos sentiments sur la mission, le Pérou… que cela fait du bien… surtout quand notre ami le pisco sour sort sa petite tête…(gratt-gratt)
Un samedi qui s’étire, un dimanche qui se rétrécit c’est la dure loi des bons moments… (gratt-gratt)
Le temps d’une messe dans une petite chapelle, avec Monseigneur Pachi, le temps se suspend, nous sommes réunis, nous sommes unis.
Des ballades, des rires, des jeux, du bonheur simple à disfruter tout simplement ! (gratt-gratt) ah j’oubliais, merci à nos amis les moustiques en grande forme qui ont su pimenter chaque instant de cette belle fin de semaine !!! … (gratt-gratt)…

mercredi 1 février 2012

El condor pasa


Six petits oiseaux migrateurs traversant les Amériques de part en part depuis le Canada, se sont posés quelques jours à Manchay…
Ce que l’on peut vous dire sur ces pigeons voyageurs c’est que ceux sont des oiseaux de bon augure, il y a Luc, le papa qui veille au grain, Caroline, la belle maman colombe, et quatre oiseaux rares (Foucault, Côme, Théophile et Basile) qui ne sont pas manchots, ne baillent pas aux corneilles, se révèlent de véritables rossignols sans faire les petits coqs pour autant !
Deux ou trois choses que nous savons d’eux, nous aimons leur petit nid, nous avons cassé de bonnes graines tous ensemble, ils vous donnent des envies d’envol, et surtout ils sont rien chouettes !!
C’est le gosier serré que nous avons laissé voler vers des cieux toujours bleus ces beaux oiseaux de passage…
  http://lessixpiafs.com/

samedi 28 janvier 2012

Manchay Playa

Pendant ce temps à Vera Cruz, Manchay…
Pour une durée d’un mois nous expérimentons Manchay pendant les vacances et vous n’allez pas nous croire mais nous n’avons pas le temps de nous ennuyer…
Serge reprend le chemin de Manchay Verde, à un rythme moins frénétique (mais quand même), Louis se rend (avec joie !!) à ses vacaciones útiles, soutien scolaire nécessaire qui devrait lui permettre d’aborder le CE1 de manière un peu plus sereine. Julien fait de la peinture, des chiffres, des lettres, aligne ses chevaliers, ses petites voitures, ses dinosaures et babille dans tous les sens. Claire essaye de venir à bout de cette maison qui inlassablement se remplit de poussière, tente de préparer les cours de la rentrée qui s’annonce trépidante…
 
Par ailleurs telles de bonnes petites fourmis nous faisons des réserves pour l’hiver ! C’est ainsi que nous avons découvert le marché des fruits dans le quartier de la Victoria à Lima. Dans un hangar immensément grand aux odeurs fortes et multiples, nous avons acheté fraises, bananes, mangues, coings, maracuja, orange et depuis nous transformons tout cela en confitures, marcianos (sorbet de fruits se présentant sous la forme d’un mister freeze), purée, jus… si vous nous trouvez un petit air étrange sur les photos, c’est que nous sommes quelques peu sur vitaminés en ce moment !!!
Les après-midi sont l’occasion de petits ateliers pour les enfants (quand Maman et Papa sont très motivés), pliage de dinosaure, coq en terre, peinture… ou encore d’exercices dans la salle de sport de l’asilo voisin…
Après toutes ces activités, rien de tel qu’un (petit) plongeon dans le rio… L’eau est délicieusement chaude et limpide, les remous dans les cailloux font office de jacuzzi, un vrai régal… Si l’eau est propre, on ne peut en dire autant des abords du fleuve ! Les familles qui viennent ici se baigner ne s’embarrassent manifestement pas de leurs déchets qu’ils laissent un peu partout. Qu’à cela ne tienne, les Bonnet aidé par Pablo Chacon venu passé le week-end à Manchay, ont des sacs poubelles et sont bien décidés à nettoyer les 20m² qui les entourent… La bonne surprise, des Péruviens viennent nous parler de ces poubelles et partager notre indignation. L’un d’entre eux est même allé nous chercher un grand sac en toile pour tout transporter. La prochaine fois ils nous donneront peut-être un coup de main !

 

mardi 17 janvier 2012

Volet III: Manchay, le Retour


Dernier volet de la saga de l’été, le retour dans notre maison avec cette question qui nous taraude depuis quelques jours, comment va-t-on retrouver le jardin, la maison, volée ? Envolée ? Brulée ? Inondée ? Eh non, seulement envahie par nos amis les bêtes qui manifestement ont eu des petits et n’ont pas eu besoin des clefs pour organiser la fiesta du siècle dans le frigo, les placards… Incroyable mais vrai, les fourmis sont parvenues à desceller le carrelage de la cuisine, les mouches à faire une méga chocolatada avec notre Nestlé dessert (sales bêtes)… depuis une lutte sans merci s’est installée, Serge dirige les attaques, Claire nettoie le champ de bataille, fourmis, scorpions, araignées, cafards et autres n’ont qu’à bien se tenir !!!

dimanche 15 janvier 2012

Volet II: Est-ce que tu viens...?

Le grand Nord est à nous, après une nuit (très bonne) passée dans un car fort luxueux, nous arrivons au petit matin à Trujillo, la Belle endormie que nous avons vite quittée pour rejoindre notre hôtel à Huanchaco ([huanchágo] qu’y disent les gens du Nord), le Naylamp qui fut notre première bonne surprise. Un petit saut dans le tumultueux Pacifique, un plongeon dans le picso sour et les vacances prennent un air de paradis !! Nous avons remonté le temps à Chanchan, à la Huaca de la Luna et au musée des Tombes Royales de Sipán à Lambayeque (musée absolument extraordinaire à tous les niveaux) et découvert notamment la civilisation extrêmement développée des Mochicas. Après un bref passage dans un Chiclayo survolté et surpeuplé nous avons repris la route vers Tumbes puis vers Puerto Pizarro. Après avoir claqué la bise aux crocodiles de la mangrove, nous avons repris le car vers Zorritos. Si un jour vous passez par là, arrêtez-vous à l’éco-hôtel Tres Puntas, aussi beau que poétique, aussi fantasque qu’écologique : « Ici rien ne se crée, rien ne se perd tout se transforme » (sacré Lavoisier)… et puis le voyage en sens inverse… dix-huit heures de car… ça en fait des films… Nous arrivons moyennement frais dans un Lima bien caliente, un petit passage bien sympathique chez nos Liméniens préférés, notre belle voiture nous attend, à nous Manchay!!!!
Nous avons fait le plein de souvenirs enchanteurs, de soleil (aïe), de belles rencontres (Michel d’Ottawa, Les Six Piafs de Saint-Nazaire, Salvador d’Espagne…), de paix et de vitalité !!!

samedi 31 décembre 2011

Volet I : Deuxième été


Comme convenu, nous profitons de notre deuxième été…
Après quatre mois à couper le souffle nous avons décidé de partir avec nos deux hermanitas de Huyacan Marilia et Mathilde dans le nord du Pérou c’est-à-dire l’équivalent du Sud de la France pour vous puisque nous nous rapprocherons de l’Equateur et de son brûlant soleil…
Même si nous sommes bien fatigués et très heureux à l’idée de découvrir le Pérou, le fait de prendre des vacances dans son pays de mission nous paraît un peu étrange, et propice à la schizophrénie. Durant quelques jours nous allons devenir les « clients » d’un pays que nous sommes venus servir… Par ailleurs, nous serons loin de notre quotidien, loin de Manchay, loin de nos missions et même si c’est le but recherché, cela nous fait  un peu bizarre…

mercredi 28 décembre 2011

Lima

Sur la généreuse proposition de Marie, nous avons profité de l’appartement des Chacon à San Miguel et pris deux jours pour faire un peu de tourisme dans Lima, cette ville si grande, si grande, si difficile à connaître et à définir tant les quartiers sont différents les uns des autres, les univers disparates, parfois même opposés…
Arrivés vers 19h à Lima, nous avons vite déposé nos affaires à San Miguel (Camino del Inca, cela ne s’invente pas), nous avons chaussé nos jeans, enfilé nos baskets pour aller manger en famille au… aller on ose le dire… au Mac Do, véritable restau de luxe au Pérou, tant au niveau des prix que de la propreté, des jeux pour enfants… et allez on ose le dire… c’était trop bon !!! Rapidement englouti (comme il se doit), nous avons filé au parque de las aguas de nuit vers 21h. Il s’agit d’un immense parc débordant de fontaines plus extraordinaires les unes que les autres. Jeux d’eaux, de couleurs sur des fonds musicaux très rythmés… nous sommes émerveillés… et trempés !! En effet les visiteurs peuvent jouer avec certaines fontaines qui s’animent sur des rythmes aléatoires et si l’on n’est pas assez ou trop rapide… on est mouillé… Heureusement ce petit soir d’été n’est pas trop frisquet et c’est allègrement que les enfants jouent à ne pas éviter les jets multicolores…
Le lendemain, un autre parc nous attendait tout aussi magnifique et surprenant, el parque de las leyendas. Il s’agit d’un parc animalier original puisque d’une part il est construit autour d’anciens huacas (temples) pré-incas (c’est comme chez Mickey mais en vrai…) et d’autre part, il reproduit les trois univers géographiques du Pérou : la selva, la sierra, la costa d’une manière plus que réaliste (les deux hommes en barque semblent tout droit sortis d’un bras de l’Amazone… non ?). Les enfants sont enchantés par tous ces trésors de la nature, amusés par les singes, impressionnés par les fauves… ils déambulent joyeusement pendant cinq heures sans faiblir jusqu’à ce que l’on doive prendre le chemin du retour… Julien s’endort sur les épaules de Maman, Louis scande chaque mètre d’un « on arrive quand », nous sommes éreintés mais ravis par notre périple liménien !

mardi 27 décembre 2011

Shopping


 

Avec Mathilde, nous avions fait notre premier coup d’essai sur Manchay, histoire de voir si on n’était pas trop rouillée question shopping. Si nous y arrivions à Manchay, nous pouvions aller dans la grande ville : Lima. Nous avons réussi à faire de magnifiques affaires à Manchay dont cette superbe pioche qui faisait tant rêver Mathilde…




Les vacances de fin d’année ont donc été l’occasion de nous faire une petite journée entre filles (Marie, Mathilde, Marillia et Claire) à Lima avec pour objectif principal l’achat de tissu. Nous nous sommes donc retrouvées à Gamarra (le marché Saint-Pierre en dix fois plus grand) où nous avons trouvé tout un tas de trésor. Pour clore cette journée compulsive, nous avons fait un petit saut dans le mercado Indio de la Marina. L’artisanat péruvien est réellement magnifique et très diversifié (vannerie, sculpture, peinture, tricot, tissage…), mais attention, plaisir des yeux uniquement (ou presque...) !!
                                              Je vous rassure seule Marie est passée à l'achat...

dimanche 25 décembre 2011

Nacimientos del Mundo

Nous sommes loin de nos familles, loin les uns des autres mais les liens demeurent ! Merci aux volontaires qui se sont prêtés au jeu du tour du monde des crèches de Noël. Comme vous le savez les volontaires ont des moyens « modestes mais justes » ce qui les rend inventifs et ingénieux lorsqu’il s’agit des préparatifs de Noël !! Pour la plupart, nous avons dû nous séparer de nos beaux santons provençaux, de nos jolies guirlandes et devons ici faire avec les « moyens du bord ». C’est avec une grande joie que les volontaires Fidesco vous présentent leurs crèches du bout du monde, et vous souhaitent à tous un très joyeux Noël
 



vendredi 23 décembre 2011

Chocolatadas y promociones


Noël coïncide  également avec la fin de l’année scolaire. Au Pérou, tandis que l’on range les crayons, déchire ses cahiers (pour le recyclage !), on fait chauffer les marmites pour la CHOCOLATADA et l’on se pomponne pour les promociones!!!
A l’heure où nous vous parlons, nous en sommes à notre cinquième chocolatada… En quoi consiste la chocolatada - on vous sent impatients - : en un chocolat chaud bien sûr, agrémenté de cannelle et accompagné d’un copieux morceau de panetón, cette grosse brioche italienne farcie de fruits confits, que rico… La chocolatada serait bien triste sans les chants et les danses qui viennent animer ces fêtes. Dans les écoles, chaque classe tient sa propre chocolatada avec sa propre organisation (trois voire quatre réunions de parents sont nécessaires pour se mettre bien bien d’accord). La chocolatada de Louis s’est révélée exceptionnelle ! A dix-huit heures, nous arrivons dans une classe joyeusement décorée, le son de la musique est à fond et maîtresses (parfois déguisées) et enfants se trémoussent avec une énergie inouïe pendant trois heures en mangeant des bonbons et en buvant du sprite [espraït] (carburant indispensable au trémoussage susnommé). La séance est très, très animée (croyez-nous) surtout au moment de la hora loca (véritable institution, nous avons pu depuis nous en rendre compte) où trois hurluberlus (dont la prof de computación) déguisés en arlequins à paillettes, débarquent en dansant avec sifflets, ballons, cotillons …  La fiesta se termine, vers 21 heures, par la distribution des cadeaux (deux réunions pour le choix et le montant des cadeaux). Les filles ont des genres de « Barbie » et les garçons des genres de « Ken » qui fait la guerre avec des variantes plus pacifiques de « Ken » qui fait du patin à roulettes ou du surf… Louis et Julien étaient vraiment ravis et cela faisait grand plaisir de les voir si contents.
Les grands de sexto grado (équivalent pour l’âge de la sixième française) n’ont plus de chocolatada, ils ont leur promoción ! Le passage du primaire au secondaire est très marqué au Pérou. La promoción est une chose sérieuse avec laquelle on ne mégote pas… les demoiselles sont coiffées, maquillées, parées de leurs plus beaux atours (souvent loués pour l’occasion), les jeunes gens sont parfumés, gominés, en costume-cravate. C’est à la fois amusant et très touchant de voir tout ce beau monde arriver en mototaxi dans leur école transformée en salle de bal à l’américaine pour l’occasion. Serge a eu l’honneur de participer à la promoción de son école et d’y savourer son premier pisco sour
Entrée solennelle de chaque élève au bras d’un cavalier ou d’une cavalière, sur fond d’un portrait de chacun lu par la maîtresse de cérémonie, hymne national, prière, discours du directeur, des parrains de promotion, de deux élèves de la classe (une fille et un garçon), remise d’une médaille et d’un diplôme, toast au pisco sour, photos de groupe, dîner général, valse pour ouvrir le bal, et même hora loca, tout cela dans le décor de gala d’une éphémère salle de bal en tissus installée dans la cour d’école : rien ne manque pour faire de cette soirée un évènement mémorable, à la fois solennel et déjanté.

                                                                                    On pourrait bien sûr, avec notre regard de 
petits Français, se demander si tant de foin - et tant de sacrifices pour des familles pour la plupart pauvres - sont bien justifiés pour un passage au secondaire. Et pourtant, il y a dans cette soirée de promoción un vrai rite de passage, dont on sent qu’il fait partie de la construction de l’identité collective des jeunes péruviens,  qu’il vise à récompenser, encourager et stimuler les efforts de chacun pour une meilleur éducation de tous (les meilleurs de la classe ne sont du reste pas distingués lors de cette promoción, mais quelques jours après lors de la clausura, dernier jour de l’année au cours duquel sont remis les bulletins). C’est aussi clairement l’occasion de cultiver, pour les parents comme pour les enfants, l’estime de soi, notion qui semble l’objet d’efforts soutenus dans les activités socio-éducatives organisées à Manchay notamment par la Paroisse, l’occasion aussi de cultiver la fraternité dans un pays qui il n’y a pas si longtemps était déchiré par des violences dont il reste partout à Manchay des traces, discrètes mais vivaces.

Devant tous ces préparatifs, ces enchaînements de fêtes, nous sommes admiratifs, une fois encore, de cette joie de vivre et de toute cette énergie qu’ont les Manchaynos, nous qui sommes en cette fin d’année sur les rodillas, et tellement heureux à l’approche des vacances…

mardi 20 décembre 2011

Adviento




 Au Pérou, on ne plaisante pas avec les préparatifs de Noël…
Même si ici nous sommes en été, il n’est pas question de se passer d’un arbre de Noël, de la couronne de l’Avent et bien sûr de la crèche…
Tous les grands magasins se parent de leurs plus beaux atours et c’est un festival de couleurs fort appétissant !  Attention pourtant, perdre un enfant au rayon « guirlandes musicales » peut s’avérer être la source d’un dommage psychologique irréparable !
Dans les écoles, c’est l’occasion vous l’aurez deviné d’un … concours ! Durant deux semaines, on évalue les décorations des classes, les crèches, les chants de Noël. Enfants et maîtresses fournissent une fois de plus un gros travail et s’ingénient à créer les arbres les plus divers, les crèches les plus majestueuses, les décorations les plus originales avec un enthousiasme toujours plus tenace ! Le concours est d’un bon niveau et il n’est pas facile de départager les concurrents (vous l’aurez compris, Claire est membre du jury du concours de chants de Noël) !



A la maison on suit le mouvement et nous décorons notre maison d’une crèche, d’un sapin, d’une couronne de l’Avent et même du calendrier qui va avec (chose qui n’existe pas au Pérou)!!!

Concept et conception...

Un peu d’Arman, de Calder, un cheveu d’Andy (pas plus), un soupçon de Kawamata, un rien de Ganivet…
Pour tes parents grands amateurs de tas, piles, amoncellements et autres concepts étranges et pour toi, qui n’en est plus un, petit bonhomme, depuis le 19 décembre ! 
Bienvenido Colin


lundi 19 décembre 2011

Ça mérite…


Oui, effectivement, le premier pisco sour devant le coucher de soleil sur la plage de Barranco à parler des prochaines vacances avec Mathilde, ça mérite un petit post… Deux heures durant lesquelles nous avons oublié Manchay, la mission, nous étions des touristes d’une ignorance bienheureuse… Que c'est bon parfois...



samedi 17 décembre 2011

Tienes tareas?

 Voilà qui nous a semblé bien surprenant (voire un peu inquiétant), au Pérou les enfants ont beaucoup de devoirs…

Arrivant en fin d’année Louis rattrape comme il peut six mois d’écriture et de mathématiques. Ainsi les soirées sont bien chargées de lignes à recopier, de syllabes à répéter, de dictées à réviser… Heureusement le prof d’anglais s’avère assez compréhensif et n’alourdit pas trop la masse des devoirs… gentil Papa… Louis apprend également à lire en français avec Maman et ce petit rendez-vous du soir (mais grand moment) est pour tous les deux une grande source de joie (enfin la plupart du temps). Louis espère pouvoir lire Tintin au Tibet pour Noël même s’il sait déjà que Tchang, il est pas mort pour de vrai… En attendant Louis passe en segundo grado, tout cela est un peu rapide et nous espérons que Louis va prendre le rythme d’autant plus qu’il rentre dans le collège où travaille Claire qui est un peu plus strict… vamos a ver

Julien arrive en fin de première année de maternelle et lui aussi a beaucoup de retard !!! Ses compañeros savaient écrire leur nom, quelques chiffres tandis que notre petit gringo essayait péniblement de barbouiller ses dessins sans salir la table… Ses premiers devoirs, eh oui Julien a beaucoup de devoirs, étaient assez approximatifs voire surréalistes mais force est de constater qu’il parvient de mieux en mieux à dessiner, écrire les lettres, compter, coller, découper… et qu’il en ressent une grande satisfaction personnelle et effectue ses devoirs avec fierté, bonne volonté !
En cette fin d’année, il sait compter jusqu’à 15 en français et en espagnol, lire quelques lettres et écrire (presque sans regarder) son prénom et recopier de manière presque lisible les chiffres…

lundi 12 décembre 2011

La plume sans le masque...



Nous bénéficions d’une bibliothèque relativement fournie pour des missionnaires. Nos prédécesseurs ont semé derrière eux des livres que nous engloutissons avidement. Les auteurs sont très divers : Troyat, Weber, Vargas Llosa, mais aussi Musso et Lévy (euh, c’est la même personne, non ?)…
Nous découvrons parfois des petites merveilles comme ce roman que nous vous recommandons bien chaleureusement si vous ne l’avez pas encore lu : Le Vieux qui lisait des romans d’amour de Luis Sepulveda. Cet auteur chilien sait parler des choses sans les décrire, en quelques mots nous pénétrons l’étrange harmonie du monde de la selva amazonienne et la fantastique réalité des Shuars… (durée de lecture : aller-retour Versailles/ Paris Saint-Lazare).
Avec Le Paradis - un peu plus loin, ou deux destins croisés qui ne se rencontreront jamais, Mario Vargas Llosa se fait orfèvre de la construction littéraire. Nous découvrons la militante infatigable Flora Tristan et redécouvrons son petit fils, le flamboyant "Koké" (ça donne envie de se précipiter au musée d'Orsay). Enchevêtrés mais jamais emmêlés nous suivons les fils de ces deux destins... jusqu'au Paradis et un peu plus loin! (durée de lecture : Paris - Marseille Saint-Charles en micheline et avec un arrêt conséquent au Creusot).

samedi 10 décembre 2011

30 millions d'amis

Notre premier ami de la maison est l'oniscus asellus communément appelé cloporte. Pour notre premier jour à Manchay, il était là ainsi que sa nombreuse famille et ses nombreux amis. Ce crustacé (eh oui on s’est documenté) n’est pas agressif pour deux sous, d’un naturel assez lent il peut piquer un ultime sprint lorsqu’il sent sa dernière heure arriver. Sans aucun danger pour les êtres humains nous le préférons dans le jardin qu’il nettoie avec minutie en se nourrissant du bois mort.
Le printemps nous a apporté son joli petit lot de cafards aussi appelés blattida (eh oui, on s’est documenté). Mais attention les cafards des tropiques ne rigolent pas ! Consciencieusement nourris par les eaux noires ils atteignent facilement 5 à 6 cm (les bras levés) et font preuve d’une grande imagination lorsqu’il s’agit de se glisser dans notre maison voire sous nos draps. Ils nous rendent des visites de plus en plus fréquentes. Si le soir on entend les sœurs taper en rythme sur le sol du patio, ce n’est pas pour le prochain concours de danse… c’est une riposte musclée ! Inoffensif pour l’homme, ils souffrent du délit de (très) sale gueule, résolument on le préfère sous sa forme motorisée et scroutch le cafard…
A Manchay nous avons des amplitudes thermiques importantes. Un gros 28° en journée tombe à un petit 18° la nuit et pour un scorpion, c’est pas bon ça madame ! Du coup ils prennent la maison pour une auberge de jeunesse et en un mois nous sommes déjà à sept scorpiones (eh oui on s’est documenté), que nous avons allègrement piétinés, surtout lorsqu’ils se cachent dans le lit de Louis. Nous secouons les chaussures, inspectons les recoins pour traquer ces bébêtes sauvages… Le scorpion, de la famille des arachnides se distingue des araignées par ses pédipalpes en pinces et par l'aiguillon venimeux (saleté) qu'il porte au bout de son abdomen, a mauvaise réputation, il n’est pas agressif mais devient dangereux lorsqu’il se sent agressé que faire… cohabiter est pourtant impossible car in cauda venenum c’est bien connu même si nous n’arrivons pas à connaître de manière certaine les dommages de ces petit arthropodes. Lorsque nous interrogions à ce sujet un Manchaino, il nous a répondu « Mais ! Il n’y a pas de scorpion à Manchay ! »… Bref seul un test pourrait nous éclairer mais sur qui le pratiquer…
Nous allions oublier le meilleur, la petite souris du matin qui vous passe entre les jambes… les cris stridents de Claire l’ont fait fuir mais cette fois la guerre est déclarée… un petit tour à la ferreteria pour acheter du matalosamigos s’impose…
 
La présentation de nos amis s’achève, nous ne comptons ni les fourmis, mouches, papillons et araignées de toutes tailles qui viennent agrémenter cette grande fête de la bébête qui monte qui descend, qui pique, qui court….

lundi 5 décembre 2011

Tambien la Lluvia

Nous l’avions précieusement emporté dans nos affaires… merci Isabelle !
S’inspirant des révoltes qui ont éclaté en Colombie en avril 2000, También la Lluvia d’Iciar Bollain se passe en Bolivie mais se passe aussi partout où l’homme se bat contre un système qui le méprise mais ne peut l’écraser complètement…  Le film dans le film offre une mise en abyme (hypokhâgne oblige) très réussie et très habile, les acteurs sont exceptionnels et le propos bouleversant parce que la pluie quoiqu’il en soit n’est pas à vendre ! 
PS : Gael Garcia Bernal est très beau !