vendredi 11 novembre 2011

Los niños

Assez parlé des gringitos…

Les enfants d’ici sont également pleins de vie et réellement stupéfiants. Véritables tornades d’affection, il n’y a pas un cours qui ne se termine ou ne commence sans un abraso. Pas une récréation où Claire ne reçoive un gâteau, des bonbons, des présents divers et variés… Serge reçoit, lui, des poèmes enflammés et des dessins charmants... Ces tourbillons de tendresse ne font pas de ces enfants les élèves les plus disciplinés du monde et nous avons vite appris à conjuguer le verbe « s’assoir » et « se taire » aux diverses personnes de l’impératif… (la maîtresse de Louis ajoute un magnifique « caramba », que nous n’osons pas encore nous permettre…). Il n’est pas rare que les enfants se lèvent sous un prétexte quelconque, ou se mettent à jouer de la flûte en cours...Mais rien ne peut nous faire oublier la joie, la soif de vivre de ces enfants leur spontanéité et leur ingéniosité !

 

jeudi 10 novembre 2011

Señor de los Milagros



Dimanche dernier nous fêtions le passage du Señor de Los Milagros à Manchay. "Mais qu’est-ce donc que le Señor de Los Milagros" me direz-vous…
Cette histoire débute vers le milieu du XVIIe siècle. A Lima, un humble mulato (métis) peint le Christ crucifié sur un tronçon de paroi, entouré de Marie et Marie-Madeleine, dans la confrérie de Pachamilla, zone où les Angolais ont été regroupés et vivent dans une pauvreté absolue. Le 13 novembre 1655, à 14h45 survint un terrible séisme à Lima et au Callao, les églises s’effondrent, les demeures s’enterrent en laissant des milliers de morts et sinistrés. Toutes les parois de la confrérie s’effondrent, sauf une faible paroi sur laquelle se trouve l'image de Jésus. L'image est restée intacte, sans aucune fissure.On décida alors de l'appeler le Señor de Los Milagros
Par ailleurs, mais pas trop loin quand même, Antonia Lucia du Saint Esprit contribua à la diffusion du culte or elle s'habillait de mauve avec une dentelle blanche. Elle a fondé le "Beatario" des Nazaréens et la congrégation s'est habillé comme elle avec pour tâche principale de veiller sur l'image de Pachacamilla. Ainsi, peu à peu, on a associé la combinaison mauve au Señor de los Milagros. Depuis lors jusqu'à aujourd'hui, les fidèles font des demandes au Christ Mauve (Cristo Morado) et promettent en échange, de s'habiller de mauve pour une semaine, un mois, une année ou pour toute une vie.
Après la première grande procession qui se tient à Lima, une reproduction peinte de la paroi se déplace de ville en ville. Elle est arrivée à Manchay le 6 novembre. La messe était naturellement consacrée en partie à la célébration du Señor de Los Milagros et suivie d’une procession et bien sûr d’un petit alfombra à piétiner allègrement! A la fin de la messe, le Padre Jose a invité les enfants à recevoir la bénédiction et sur un malentendu (quelques progrès restent à faire sur le castillan), Claire accompagne Louis qui voulait « recevoir l’eau » et en s’approchant de l’autel, nous nous rendons compte que seuls les enfants du cortège tout de violet vêtu étaient invités à venir… Qu’à cela ne tienne, Padre Jose nous fait de grands signes et nous demandent via micro de rejoindre le groupe or on ne dit pas "non "  à Padre Jose… C’est ainsi que Louis est accueilli (applaudissements et abraso compris) au sein du cortège tandis que le sacristain se dépêche de lui trouver un vêtement violet…
Louis était très content de participer de cette manière à la procession et ne voulait plus quitter sa capeline qu’il remettra pour l’inauguration de la chapelle du Señor de Los Milagros qui aura prochainement lieu à Manchay ! Suite au prochain numéro…

dimanche 6 novembre 2011

Baila (bis)


Pour clôturer le chapitre sur la danse, nous ne pouvons résister à l’envie de vous présenter le danseur numéro un de Manchay qui fraîchement débarqué de son avion a chaviré les cœurs des Manchaynos devant les yeux totalement médusés de ses parents… Le seul, l’unique
JULIEN

vendredi 4 novembre 2011

Baila

La danse ou plutôt devrions-nous dire les danses font partie intégrante de la vie des Péruviens. Chaque région (Selva, Sierra, Costa…), chaque district, chaque ethnie (hispanique/ amérindiens/ africaine) possède sa propre danse : la marinera, les caporales, le waylarsh Wanka, la danza carachupa, la chonguinada, le wititi, la diablada puneña, la danse des tijeras (ciseaux) ou encore l’alcatraz. Toutes ces danses sont extrêmement vivantes et vécues par les Péruviens et cela dès leur plus jeune âge. Les danses folkloriques sont étudiées dans les écoles de manière théorique et pratique. Lors des divers concours de la Virgen, les élèves ont pu montrer leurs talents à travers plusieurs danses folkloriques.
En cette fin du mois d’octobre, Claire est à nouveau jurée (une demande à Fidesco est actuellement en cours afin d’ouvrir un poste de missionnaire comme juré à temps plein sur Manchay…) pour le concours de danse de l’Instituto Juan Pablo II (qui héberge le bureau de Manchay Verde). Ce concours a lieu à la tombée de la nuit et annonce la grande kermesse du 30 octobre, le dimanche suivant où un autre concours de danse aura lieu. C’est donc un festival de couleurs, de prouesses techniques, un concentré d’énergie et des trésors d’inventivité que des danseurs de tous âges et des diverses institutions paroissiales nous ont livré.

samedi 29 octobre 2011

Mototaxi


Pratique, rapide et bon marché, les mototaxis sont légion à Manchay. Sorte de moto à trois roues, ils possèdent un petit habitacle en toile plastique dans lequel se trouve une (petite, toute petite) banquette. Les mototaxis ne roulent pas très vite mais se faufilent bien dans les embouteillages. Lorsque notre voiture tombe en panne (ce qui est fréquent), nous avons recours à leur service pour le plus grand bonheur des enfants. Une chose à savoir, plus on est de fous dans un (petit, tout petit) mototaxi, plus la route est pourrie et plus on rit…
Voici en image un petit voyage à six dans un (petit, tout petit) mototaxi pour fêter l’arrivée de Mathilde (eh oui, « Mathilde est rrevenuuuue ») volontaire à Huaycan (sujets au mal de mer s’abstenir) !

vendredi 28 octobre 2011

DRIIING!!!


Holà a todos, Luis y Julian hablan…

Au Pérou, il y a des lamas, il y a (t’) aussi beaucoup de sortes de chiens. Il y a beaucoup de choses nouvelles. Mon école est juste à côté de la maison et il y a beaucoup de choses bizarres. La langue est bizarre, on ne comprend pas très bien la langue du Pérou.
Je n’aime pas quand l’école dure trop longtemps. J’aime bien faire des additions, elles sont bien celles du Pérou. A l’école je peux passer par le haut de la cour de récréation, je passe par les escaliers et je sui(t) arrivé. J’aime bien chanter l’hymne du Pérou et de Manchay. J’aime bien inspecter les choses qui sont dans le « dépositoire » (ndlr: deposito). J’ai une copine qui s’appelle Leslie et un copain qui s’appelle Hebert. A Manchay, il y a beaucoup de poussière. Il y a des mototaxis qui sont presque comme des motos sauf qu’elles sont un petit charriot derrière qui est très très bien accroché. Au revoir. Louis.




Moi, j’habite dans le Pérou. Les iguanes, je les aime pas y me mangent et mangent mes doudous et je vais les attraper. Ma maîtresse, elle s’appelle Dionysia et l’autre Margarita. Hortense c’était ma copine et je voulais la revoir et Aloïs c’était mon copain et je voulais le revoir aussi (ndlr : il parle aussi souvent de Noa!). J’aime bien boire la chicha morada et le « linca kola ». (PS: ne me demandez pas pourquoi la photo est de travers, Maman s'arrache les cheveux dessus...)

jeudi 27 octobre 2011

Trompos!


Les bei blade n'ont qu'à bien se tenir! Nos petits Manchaynos revisitent la bonne vieille toupie de bois peint et réalisent de véritables prodiges. Nous avons acheté les nôtres moins d’une heure après notre arrivée à Manchay et nous comptons bien inonder les écoles françaises de ces petits bidules colorés à notre retour !!! Comme vous allez le voir,  tout est dans le lancer !

mardi 25 octobre 2011

Cucarachas!

Il paraîtrait qu’une nuée de ces étonnants insectes a déferlé à la fin des années 80’s début 90’s sur l’Amérique du Sud. Très bon marché cette bébête a vite été adoptée par les Péruviens qui ont su les accommoder à toutes les sauces et les métamorphoser à l’envie !
On voudrait les appeler « mariquitas » mais non définitivement, elles tiennent plus du beettle que de la bête à Bon Dieu…les CUCARACHAS !! On vous prévient la musique de cette bestiole va vous trotter dans la tête un bon moment….

lundi 24 octobre 2011

No tengo las palabras



Effectivement il n’y a pas de mot pour décrire cette merveille cinématographique. Eh oui, vous n’allez pas le croire mais il existe un film sur Manchay et quel film… La Teta Asustada.
Vous verrez Manchay exactement comme nous aujourd’hui (d’ailleurs cela se passe près de chez nous) avec ses grandes peines et ses joies incomparables. Vous verrez également que Manchay est la ville de tous les possibles...

mardi 18 octobre 2011

Los Gringitos

Les enfants prennent le rythme de la vie péruvienne.
Pour Louis l’adaptation s’est avérée très facile. Il semble heureux voire soulagé, de voir qu’au Pérou, il y a des maisons, des routes (enfin pas toujours mais bon passons) et pas de serpent minute, que les enfants ne transportent pas des sacs de pierre sur la tête toute la journée, que sais-je encore… Très bien accueilli par les enfants de son école, Louis  s’est parfaitement acclimaté à sa nouvelle école même si la maîtresse nous a quand même demandé de dire à Louis de ne plus s’échapper de la classe pour rentrer dans sa maison…. A sa décharge les règles de discipline et particulièrement dans cette petite école rendraient perplexes nos maîtresses françaises (Serge pense crée une association « au secours j’ai plus de voix »)… Les règles existent pourtant même si Louis a dû mal à les percevoir, d’où quelques tirages de cheveux qui l’agacent fortement !!! Malgré tout il apprend beaucoup de choses dans son école et rentre le soir avec de nombreux devoirs qu’il fait d’assez bonne grâce…
Julien s’acclimatent plus progressivement mais sûrement à sa nouvelle vie… coucher tôt, lever tôt (même le week-end, chouette !)… Ne faisant pas la sieste à la cuna, il rentre assez fatigué de sa journée et cela devient parfois difficile de faire les devoirs (conséquents pourtant) même si Julien s’y met de bon cœur et avec une grande application (enfin quand tout va bien)… Julien parle espagnol avec un petit accent ravissant que sa mère lui envie (elle qui, de son côté, rame copieusement).
Tous deux se sont incroyablement bien faits à leur environnement et aux diverses restrictions (regardez bien Julien dans son « bain »…) et ils apprécient à leur juste valeur une bonne rasade de ketchup, un vrai gâteau au chocolat, une partie de mille bornes en famille, un crayon bien taillé… bref la vie est une fête…

mercredi 12 octobre 2011

La P(l)oubelle!

A Manchay, vous l’aurez compris, on ne jette rien ! Enfin presque…
Lorsque l’on arrive à Manchay une des premières choses qui vous frappent, ce sont malgré tout, les poubelles. Elles sont là, tout le temps, partout, éventrées par les chiens et dispersées par le vent. Les Manchaynos déposent leurs poubelles tous les jours. Lorsque nous avons voulu sortir nos premières poubelles nous ne savions ni où ni quand les déposer. Nos voisines nous ont indiqué un « tas » situé de l’autre côté de la route et nous ont assurés qu’un service d’éboueurs passait régulièrement sans qu’il y ait un jour spécial.
                                         Lorsque nous avons interrogé un de ces éboueurs, il nous a assuré que les services de la municipalité passaient tous les jours… Un peu incrédules nous les avons déposées à l’endroit indiqué.  Peu à peu, et c’est souvent le cas ici pour nous, on s’aperçoit que ce désordre apparent répond tout de même à des règles. En effet les « tas » formés sont toujours au même endroit, et force est de constater que les services de la ville de Pachacamac passent assez souvent. Nous avons donc adopté une stratégie, lorsque le « tas » est important, nous y ajoutons notre gros sac de poubelles !

Dès les premiers jours, nous avions des envies de containers, d’enclos pour protéger ces poubelles des chiens errants qui viennent en horde chercher leur pitance. Les Manchaynos ne nous ont pas attendus avec ces espèces de cageots à une patte !

mardi 11 octobre 2011

Les trois "R"

Encouragés par le projet Manchay Verde dont Serge est un vaillant missionnaire, nous avons voulu mettre en application les trois « R » : Reducir, Reutilizar, Reciclar.
Reducir d’abord, c’est d’abord réduire sa consommation ! Grâce à notre indemnité modeste mais juste, nous avons largement pu réduire notre consommation en général, et en particulier sur les produits tout prêts (incroyable, il n’y a pas de Picard à Manchay…). Du coup nous cuisinons beaucoup plus (à paraître Les 100 manières de manger du riz avec et sans patates) et produisons beaucoup moins de déchets ménagers.

 
Reutilizar c’est percevoir l’esprit créatif des Manchaynos. Lorsqu’il manque tout ou presque, on l’invente avec deux objets cassés, on en compose un nouveau qui marche. Ici on ne jette rien, les objets même les plus modestes attendent leur heure… Là encore nous sommes mis au diapason et nous déclinons les objets à l’infini, la bouteille d’eau devient pot de fleur, entonnoir ou encore bougeoir pour la retraite au flambeau. Les petits pots de Pauline deviennent un pot de confiture, un vase, un coquetier ! 



Reciclar c’est comprendre qu’à Manchay les poubelles ont de la valeur! Dans le cadre du projet Manchay Verde, des concours de recyclage sont organisés entre les écoles avec les recicladores de la ville afin de sensibiliser les enfants à la protection de leur environnement. Un reciclador, ou compro chatarra, c’est un peu comme un ferrailleur, il pèse puis rachète le plastique, le papier, le métal, le verre… Nous avons voulu appliquer ces mêmes règles à notre petite famille, et c’est ainsi que nous avons patiemment conservé nos bouteilles, canettes, papiers. Trois semaines plus tard, nous nous rendons chez notre compro chatarra préféré qui pèse et soupèse, le résultat tombe : c’est trois soles cinquante (un peu moins d’un euro) pour notre petit cochon vert. Les enfants sont ravis et rêvent à tout ce que la vente de nos poubelles va pouvoir nous rapporter…

lundi 10 octobre 2011

La semaine de la Virgen del Rosario

Prononcez « birhèn »…
Cette fin d’année est l’occasion de nombreuses fêtes, enfin d’une manière générale il semble y avoir beaucoup de fêtes au Pérou… Cette première semaine d’octobre fut consacrée aux festivités de la Virgen del Rosario, sainte patronne de Manchay. Tous les Manchaynos prennent ces rencontres très au sérieux. Durant toute la semaine des messes ont été dites pour les uns et les autres. Les écoles (surtout paroissiales comme la cuna que fréquente Julien, l’Inmaculada où sont Louis et Serge et bien sûr la Virgen del Rosario où travaille Claire) s’investissent énormément durant cette semaine à travers des processions, des créations et enfin des concours.

Claire en tant que « professeur d’art » (sens très large manifestement) s’est retrouvée jurée de concours pour la gymnastique rythmique et le théâtre de son collège. Pour Claire c’est un vrai plaisir, un honneur même et cela lui permet de jouer les Philippe Manœuvre (en beaucoup plus gentille) avec ses lunettes de gringa et ses coups de soleil !! C’est ainsi que Claire a eu la chance d’entendre deux versions d’une même pièce, Œdipe-Roi - si on l’avait dit à ce bon vieux Sophocle, par Athena, il en aurait lâché sa spartiate ! Une fois de plus c’est l’occasion de voir à quel point nos petits Manchaynos sont inventifs, pétillants et spontanés !

Le point culminant de ces festivités c’est bien entendu le dimanche où plusieurs milliers de personnes se sont retrouvées sur la Plaza de Armas pour rendre un hommage impressionnant à leur Sainte Patronne à travers une messe animée par l’évêque auxiliaire de Lima et l’ultime concours des alfombras. Les alfombras sont des tapis faits de sciure de bois, gesso et pétales de fleurs, réalisés par différentes institutions de la paroisse (dispensaire, écoles, jardins d’enfant, cantines…) à même la chaussée des rues qui bordent la majestueuse plaza. Le dimanche matin vers 8h50, le téléphone sonne, Claire est appelée en urgence pour  être à nouveau jurée de concours à… 9h00 ! Toute la petite famille accompagnée de Marilia venue passer un week-end reposant (!) à Manchay s’active pour ne pas arriver trop en retard… A notre arrivée Claire est aussitôt réquisitionnée par la Señora Elsa (sous-directrice énergique du collège de la Virgen). Nous avons à peine le temps de lui présenter Marilia qu’elle est à son tour embauchée!! Voilà nos deux jurées parties, cum calumo, pour faire le tour des alfombras multicolores toutes plus resplendissantes les unes que les autres ! Des heures que les uns et les autres se démènent pour faire le tableau le plus original, le plus varié, le plus symbolique… Une fois les notes attribuées, tout le monde se rend à la grande messe puis vient la procession de la Virgen sur, je dis bien, sur les alfombras. En effet tous les tapis sont joyeusement et copieusement piétinés par les porteurs « tu es poussière et tu retourneras poussière » (Genèse 3,19 pour Guillaume C.)…

dimanche 2 octobre 2011

Le manège enchantant

Ils sont cinq, Laurent, le papa, Annaïg la maman, Anna la fille (15 ans), Brice le fils aîné et Cyriaque le petit dernier. Originaires de Nantes, ils parcourent le monde depuis 6 mois, en proposant dans chaque pays de la musique contre l’hospitalité. Leurs notes se sont envolées dans l’air de l’Afrique, de l’Australie, de la Chine et pour finir du Pérou. Point de flûte de pan mais du piano, de la clarinette et de l’alto pour  ce dernier concert au MALI (musée d’art moderne de Lima). Nous avons pu ainsi entendre Schubert, Chopin, Barbara, Mozart… Suivez leurs aventures sur www.tournicottin.com !

lundi 26 septembre 2011

La Gastronomie

Question ô combien essentielle pour nous, petits français au palais aiguisé, et aux ventres affamés !!
On raconte que la cuisine péruvienne est la plus savoureuse d’Amérique du Sud mais pour nous, la première semaine fut assez sommaire, lundi pâtes, mardi riz, mercredi pâtes, jeudi riz et vendredi c’est… et non même pas de boite de raviolis… Nous ne savons pas quoi acheter, ce que nous connaissons est inabordable pour nos indemnités (« modestes mais (vraiment) justes ») et ce que nous ne connaissons pas, nous ne savons pas comment le cuisiner…
La deuxième semaine se révèle un peu plus variée mais toujours plus féculente que succulente… lentilles, quinoa viennent varier nos menus. Les marchés de Manchay nous offrent une grande variété de fruits et de légumes qui viennent compléter nos repas. Nous ne sommes pas encore en été mais bananes, grenades, melons, poire, coings, pommes, mangues, fraises, mandarines et ananas nous donnent l’occasion d’essayer toutes sortes de jus et confitures qui font les bonheurs de nos petits déjeuners (avec une petite pensée pour nos amis congolais) à des prix très raisonnables. Les légumes sont également très divers et très savoureux, petits pois, carottes, courgettes viennent compléter nos plats de riz et de pâtes… Reste le problème de la quiche qui comme chacun sait est l’une des spécialités de Claire (no comment)… Pas de pâte toute faite et nos essais demeurent pour l’instant infructueux, nos chères voisines en ont fait les frais ce soir-même…
Notre première rencontre avec la cuisine péruvienne s’est faite grâce au concours gastronomique auquel participaient certaines écoles de Manchay (dont celles de Julien et de Louis) le dimanche 19 septembre, sur la plaza de armas de Manchay. Les Péruviens sont extrêmement fiers de leur cuisine, chaque région, chaque district, chaque quartier semble avoir ses propres spécialités. Ce jour-là notre quartier était en fête et nous avons pu déguster d’excellentes spécialités à base de riz (encore) et de pomme de terre telles que l’arroz chaufa, l’empanada de pollo, la papa rellena (beignet de pommes de terre fourré à la viande) et la chicha morada, une boisson couleur sangria (sans alcool je précise) faite à partir de maïs rouge dont Claire et Julien sont totalement accros, laissant à Louis et Serge leur Inca Kola jaune fluo !!!
La deuxième rencontre s’est avérée encore plus exceptionnelle. Marie-Laure C. de passage à Lima nous a fait la gentillesse de nous inviter à goûter la cuisine liménienne, ceviche à tomber, lomito de res con salsa pachamanca à pleurer (de joie), lomo saltado
Bref comme vous l’imaginez bien nous reprenons des forces (et des kilos)!

dimanche 25 septembre 2011

Nuestra casa


Nous imaginons que c’est l’une des plus belles de Manchay. Nous y accédons par le hogar de los abuelos (foyer des anciens) qui est lui aussi d’une belle architecture ayant fait l’objet d’une grande réfection récemment. Une fois passée la deuxième porte de bois, nous arrivons chez nous. Nous partageons la cour avec la maison des sœurs située en face. Cette cour est bien jolie avec les fleurs et les tomates plantées par nos prédécesseurs, un cheval de bois (cassé), des vélos (cassés) et un transat (cassé) composent un agréable tableau !
Notre maison est très grande, nous avons un large espace d’entrée que nous avons aménagé en salon, une salle à manger spacieuse (la première que nous ayons !!), et une cuisine très bien équipée et très fonctionnelle ouverte sur la salle à manger. Depuis notre salon nous avons accès aux quatre grandes chambres meublées simplement, chacune ouverte sur sa propre salle de bain. Nous avons donc quatre salles de bain et autant de toilettes… Pour ceux qui auront la possibilité de venir nous voir, sachez que nous avons de l’eau chaude, le débit n’est pas exceptionnel mais c’est un grand luxe tout de même ! Vous remarquerez les harmonies colorées des carrelages qui montrent la virtuosité des artisans péruviens. En effet les carrelages proviennent de donations et sont tous dépareillés… Attenant à la cuisine, nous avons une buanderie très pratique équipée d’un évier en ciment et d’une machine à laver le linge (à l’eau froide mais là encore c’est un grand luxe). Enfin nous avons également un bureau très confortable dans lequel nous avons installé un canapé de fortune bien agréable, notre petit coin prière, et où se trouvait une bibliothèque déjà très fournie et très pratique !!
Le tour du « propriétaire » en images !!!

vendredi 23 septembre 2011

Manchay, lune et soleil

Manchay est un pueblo joven, terme qui signifie littéralement « peuple jeune », et que nous avons du mal à traduire, comme c’est habituellement le cas par celui de « bidonville ». Nous en avons trouvé une approximation, « banlieue sauvage », qui nous semble plus évocatrice notamment de la formidable énergie qui s’en dégage. Des milliers de personnes se sont retrouvées ici afin d’échapper au Sendero Luminoso (sentier lumineux). Ce groupe maoïste, fortement lié aux cartels de la drogue sévit essentiellement dans les hauts plateaux durant les années 80 et 90. Il s’opposa fortement au gouvernement central (durant le mandat de Fernando Belaunde Terry) menant des actions terroristes qui provoquèrent près de 60 000 milles morts et disparitions… Les populations en fuite sont alors venues chercher refuge auprès de la capitale, peuplant ainsi les abords de Lima par vagues successives d’invasiones (littéralement : invasions). C’est aussi le cas à Huaycan, un autre pueblo joven où se trouve Marilia qui sera bientôt rejointe par Mathilde, deux volontaires Fidesco. Une « invasion » commence par l’installation d’une simple cabane de bois dans laquelle une famille s’installe progressivement. Si cette cabane n’est pas détruite l’installation se pérennise et selon ses moyens financiers, on aménage plus ou moins cette cabane avec des briques, de la tôle, des parpaings et si tout va bien plus tard on construira un autre étage !… Dans la cour de l’école les enfants me posent souvent la question des étages, « combien d’étages dans ta maison », lorsque je dis qu’il n’y en a qu’un, la déception se lit sur leur visage …
Aujourd’hui l’existence de Manchay n’est plus remise en question mais le problème est de savoir quelle autorité régit cette ville, collée à Lima mais géographiquement rattachée au district de Pachacamac qui semble accepter aujourd’hui cette filiation puisqu’un projet de Palacio Municipal est lancé sur la Plaza de Armas
Manchay est très vaste et notre œil parvient mal à distinguer les différents quartiers et même à se figurer que près de 100 000 âmes vivent ici.
Nos premières impressions sont certainement faussées par nos repères occidentaux mais nous tenons à vous les livrer, ne serait-ce que pour mesurer l’évolution de notre sentiment au fil du temps!
Depuis deux semaines que nous sommes ici nous avons pu constater que Manchay a plusieurs visages. L’un poussiéreux, froid, humide et fantomatique, l’autre chaleureux, radieux et coloré…
Manchay en noir et blanc et … en couleurs !

lundi 19 septembre 2011

El Silencio


Premier dimanche en famille, première escapade… trois quarts d’heure de voiture et nous voici transportés dans un ailleurs bienfaiteur. Ce n’est pas encore l’été, il n’y a presque personne sur cette vaste plage. 
Durant quelques instants, le temps s’arrête et nous observons émerveillés la danse du Pacifique, les châteaux de plumes et les trésors ramassés par Louis.
Cette plage porte bien son nom, escuchen « el Silencio »…

jeudi 15 septembre 2011

Les cerfs-volants de Maboule !

Sur la route de Huaycan à Manchay, Guillermo fait un arrêt pour acheter des cometas. Des petits cerfs-volants de rien du tout, faits de bout de ficelles, de plastique récupéré, de bambou et de poésie. Cinq sols pour l’envol… les enfants ont passé leur après-midi à rêver sur la colline derrière la maison en les faisant s’envoler !!!

mercredi 14 septembre 2011

Villa Asis

Ce week-end est consacré aux retrouvailles !
Nous retrouvons une partie des volontaires FIDESCO du Pérou pour le temps d’un week-end. C’est avec une grande joie que nous retrouvons les Fombelle (Aldrick et Cynthia et leurs enfants Valentine, Eduard, Guilhem, Maxence et Eloi) d’Arequipa venus pour régulariser leurs visas, les Chacon au complet pour la première fois, Livia et Marilia. Nous mettons environ cinq heures pour rejoindre Huaycan et la Villa Assis depuis Manchay, soit la distance entre Paris et Rambouillet… Villa Assis est une belle oasis de verdure où se côtoient canards, iguanes, vaches, biches… Une sorte de petit paradis aux portes de Huaycan. Nous sommes tous très heureux d’être ensemble, de partager nos premières et deuxièmes impressions et les onze enfants forment une bande turbulente et joyeuse (la plupart du temps).


C’est l’occasion de mieux nous connaître mais aussi de visiter le collège où Marilia et Mathilde vont travailler à la suite de Livia qui rentre en France le 20 septembre. Dans ce collège il y a plusieurs pôles techniques comme la couture, la menuiserie… mais aussi la culture de salade selon le processus de l’hydroponie que le professeur responsable de l'atelier explique avec passion aux enfants totalement captivés par cette méthode qui consiste à faire pousser des salades sans terre, dans l’eau. Nous achetons deux belles salades et repartons vers les petits bungalows de la Villa Assis où la douche est si chaude et si l’eau si abondante !!!
Dimanche tous nos amis ont la gentillesse de nous accompagner jusqu’à Manchay et d’assister à la messe de présentation de notre famille aux paroissiens de Manchay.
Pour le déjeuner nous sommes vingt-quatre à la maison et chacun semble trouver sa place, le soleil brille sur ce beau week-end.